Anonyme
Anonyme a posé la question dans Arts et sciences humainesPhilosophie · il y a 2 mois

Sans la parole la philosophie existerait-elle ?

Mise à jour:

@ Squeegee

je ne peux pas te donner la meilleure réponse

Faut être honnête

Mais sache que tu m'as fait beaucoup rire

Merci

@ Merci à tous d'avoir pris la peine de me guider.

7 réponses

Évaluation
  • il y a 2 mois
    Réponse favorite

    Difficile d'appréhender votre question sans connaître l'investissement du sens que vous donnez au mot parole. Je vais volontairement éluder le sens premier du terme, à savoir : est-ce que des sourds, muets, aveugles et de surcroit de naissance peuvent accéder à la philosophie au sens de s'élever à une certaine sagesse, une philosophie existentielle personnelle voire académique la réponse, me semble-t-il, a été tranchée par Marie Heurtin et Helen Keller.

    Maintenant si votre question sous-tend en filigrane les questions suivantes : De quoi nous parle le philosophe, et quelle part y prend le langage ? Peut-il trahir les idées qu'il émet et est-il soumis à l'arbitraire d'un goût tordu pour l'incompréhensible et des sophistications creuses ? alors la réponse est tout autre et bien que le chantier soit titanesque en ce qui consisterait à émettre des théories du langage on peut s'interroger sur l'arbitraire du langage en tant que tel. 

    Malgré que nous ayons à affronter régulièrement un dévoiement du sens des mots, des trahisons du réel par le discours ou encore des inversions discursives patentes - l'interactivité autorisée par internet a rendu tout cela visible qui n'était à l'origine qu'unilatéralité magistrale au service d'un sous échantillon marginal d'intellectuels et d'idéologues en chambre - qui y a-t-il d'arbitraire dans le langage ? Les sons ? Il le semble en effet, en l'état actuel des langues : mais "rien ne se fait sans raison", et si nous remontions à la langue adamique, nous trouverions qu'elle imitait, à sa manière, les phénomènes qu'elle traduisait : par exemple la lettre R exprime un mouvement violent et un bruit de roulement (Rhin, Rhône, Roer...), la lettre L, un mouvement doux (leben, laben...), etc. Ce n'est pas non plus sans raison que l'étymologie, même des mots abstraits, nous renvoie au sensible : ainsi les prépositions à, avec, de, devant, en, hors, par, pour, sur, vers sont toutes prises du lieu, de la distance et du mouvement ; il ne faut pas voir là, avec Loke, l'origine de nos notions, mais l'histoire de nos découvertes, nos besoins nous ayant obligés de quitter l'ordre naturel des idées, "commun aux anges et aux hommes, et à toutes les intelligences en général". D'où l'on devine que la composition des mots et des phrases n'est, non plus, livré à l'arbitraire : elle exprime des rapports réels. Il y a une connexion entre les choses et les mots. Cette connexion peut varier quand on change de langue, mais la variation est comparable à une diversité de points de vue ou, si l'on aime mieux, à la diversité des expressions. Ici il est intéressant de noter comment il faut entendre l'arbitraire dans le langage : cet arbitraire est motivé, il répond à un choix - choix inconscient dans l'usage qui n'exhibe pas toujours les raisons dont a pu s'inspirer la langue originelle, choix conscient et raisonné chez le savant mettez-y ce que vous voulez), l'idéologue (sermonnaire, doctrinaire, organique etc., que j'évoquais plus haut), philosophe (celui qui vous convient y compris Onfray) en quête du mot ou du signe, de la phrase ou de la formule le plus propre ou le plus commode à refléter la connexion des idées ou des choses, à faciliter la recherche ou malheureusement la manipulation. Dès lors nous pouvons nous fier au langage, quand (et seulement quand) les signes sont bien choisis. La justification de la pensée aveugle ou symbolique est liée à la justification du langage. Le formalisme est légitime parce que, d'une part, bien que nous ne puissions achever l'analyse des propositions existentielles, le réel est rationnel - Cum Deus calculat et cogitationem exercet fit mundus, - les sentiments, n'étant eux-mêmes que jugements confus, d'autre part, parce que le langage exprime le réel.

    Si le réel est rationnel et, par conséquent, exprimable, si les sentiments se ramènent au jugement, jamais le philosophe ne sera obligé, comme le veut Bergson en sa thèse irrationaliste, de recourir aux métaphores. Il se défiera même d'un langage qui représente : une algèbre de la pensée serait plus opportune. A défaut de cette algèbre ? Il se contentera du langage commun. Qu'on fuit comme la peste les termes techniques (meilleure source de trahison de la pensée) ils renferment toujours quelque obscurité (obscuritas semper aliqua in Technicis) ; et, puisque les philosophes se distinguent moins du vulgaire par ce qu'ils connaissent, que par la manière dont ils le connaissent, on doit tenir pour nul, imaginaire, futile ce que l'on peut ramener à la langue vulgaire. Clarté, vérité et, à la rigueur, bien qu'elle ne soit pas nécessaire, élégance - telles sont les qualités que Leibniz exige du philosophe. Leibniz n'était pas professeur mais il était éclairé, car appartenant lui-même à un siècle où les excès de la scolastique avaient jeté - théoriquement pour toujours, on se trompait grandement - le discrédit sur le "jargon". 

  • il y a 2 mois

     La philosophie de l'agir et de l'attitude ne s'exprime pas toujours ,mais du coup elle ne se diffuse que par la compréhension d'autrui ...D'ou les nombreuses erreurs et faux jugements

     @Je me souviens d'un beau roman de Guy des Cars, ce mauvais sujet des années soixante ,"La Brute " Anecdotique  et outré certes mais n'oublions pas trop vite l'enfermement psychologique toujours actuel des blessés de la vie .

  • Anonyme
    il y a 2 mois

    Pour que quelque chose cesse il faut que cela ait existé, peut-être même jusqu'à saturation d'une logorrhée de pensées inassouvies et insatiables ressassées jusqu'à l'opacité depuis la nuit des temps.

    Comment irions-nous parler de la stupeur d'un "philosophe" saisi par un silence qui n'est même pas le sien, sans l'habileté de sa parole, un philosophe n'a plus lieu de se différencier de quelq'un d'aussi terne qu'un penseur ordinaire... comment dès lors irait-il se faire reluire sans plus personne à séduire...?

    Philosopher en ce temps-là, ça voulait dire quoi déjà ?

  • il y a 2 mois

         ►   La parole ne suffit pas , il faut créer des concepts communs si on veut se faire entendre .

    Les chats ont un langage d 'environ  60 expressions différentes et universelles , c 'est cette universalité qui est remarquable .

    Mais la philosophie peut s'exprimer par la gestuelle qu'utilisent les sourds muets  également .

    Sans moyens d 'expressions , non , la philosophie resterait lettre morte .

    Philosopher , c 'est s'exprimer avec nuances .

    Bonjour chez toi.

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  • Arta
    Lv 7
    il y a 2 mois

    Elle flotterait toujours en pensée......

    Pense avant de parler et pèse avant d'agir ( W.Shakespeare)

  • il y a 2 mois

    Les échanges entre la raison et son amie la parole est ce que nous nommons la compréhension.

    Mais il existe toutes sortes de compréhensions. Généralement nous avons besoin de comprendre avant d'agir, mais il existe une compréhension qui n'est pas séparée de l'action. Une compréhension où comprendre c'est agir.

    Beaucoup de philosophes donnent une place prépondérante à la pensée. Certains comme les philosophes orientaux (Krishnamurti, U.G, Sri Aurobindo.....) émettent un doute sérieux quant à la pensée d'amener une réponse à nos questions.

    La simple perception des dangers dans le domaine de la conscience, est une intelligence capable d'amener une action, que toutes les nos réponses provenant de la mémoire, et que nous sommons penser, ne pourront jamais produire.

  • il y a 1 mois

    Sans la parole, il ne reste plus que l'instinct, comme une mouche... Une chance qu'on a la parole, j'aimerais pas être une mouche ;-)

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