Emere♂ a posé la question dans Arts et sciences humainesPhilosophie · il y a 1 mois

La philosophie invente-t-elle les problèmes qu'elle envisage, ou bien y est-elle nécessairement confrontée par l'ordre naturel des choses ?

5 réponses

Évaluation
  • il y a 1 mois

    La philosophie est obligée d'improviser des concepts là où le réel devient lacune. C'est son boulot. Seulement, elle se rajoute souvent du travail supplémentaire...

    La philosophie a-t-elle un destin, tout comme l'histoire ? Rien ne permet de l'affirmer. Nous, humains, faconnons le monde avec des émotions et des techniques. Mais ce monde façonné nous répond. Et le dialogue est probablement sans fin. 

    Votre question, je la comprends comme "Quel est l'objet du savoir?" Et ce qui détermine l'objet détermine le savoir, tout comme le savoir détermine son objet. Il n'y a pas possibilité d'ouvrir le débat sur une possibilité supplémentaire sans invoquer les mannes supérieures et tourner nos interrogations vers une main invisible qui lancerait des dés sans se soucier du résultat. Nous, nous nous soucions du résultat et cela change la donne et le lancer. 🙂

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    • yamaela
      Lv 7
      il y a 1 moisSignaler

      😂 et comment vous appelez l'infini et la totalité, si ce ne sont pas des improvisations pour combler les lacunes de l'expérience? 🙂

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  • il y a 1 mois

    Un cri retentit, comme une vocifération animale dans une soirée élégante où l'on dissertait subtilement. Soudain dans son visage de bonté un peu indifférente, un orage se lève ; un éclair dans l’œil gauche, une goutte de pluie dans l'autre, avec la violence des pacifiques le philosophe vient d'être traversé par un maelstrom d'idées. À quel moment l'homme est-il saisi par l'acuité du problème spirituel ? À quel moment est-il créateur d'idées et de formes ? À quel âge saisit-il une vocation ? À quel âge la conscience de soi et du monde est-elle aiguë, lucide, exigeante ? À quel âge se posent les questions décisives et dernières, et l'homme veut-il appréhender la vie façon synthétique ? 

    Pour le matérialiste conséquent que je suis une chose est sûre. L'homme mûr ne peut jamais que remâcher les trouvailles de sa jeunesse et mettre en forme les synthèses du temps de sa misère. 

    P.-S. Je vous fais cadeau du package de questions je n'en ai plus besoin. Ne me remerciez-pas c'est de bon cœur. 

    Je pensais faire un cadeau à Emere, mais enfin s'il veut bien partager je n'y vois aucun inconvénient. J'ai lu votre réponse timinet et nous sommes d'accord sur un point la philosophie n'invente rien. Je pense qu'ici la question était plutôt de savoir si les idées sont autonomes et si elles nous arrivent de l'extérieur (un peu à l'exemple de mon philosophe possédé, et idéaliste de son état, que je décris plus haut) ou si elles se forment par le biais d'une expérience sensible. Encore une fois c'est toute l'histoire de la césure entre le corpus central idéaliste et le courant hérétique matérialiste. Pour les matérialiste il faut le répéter à satiété les idées naissent aux voisinages des affects et selon sa détermination sociale, et donc les concepts naissent lorsque le vécu (il n'existe pas de réel ou de réalité mais il faudrait en faire une thèse et le format s'y prête peu vous me le concéderez), se heurte à l'existant ( ce sont les coups de poing que vous évoquez. Quand le vécu c'est de savoir comment vivre avec 900 euros par mois il y a hiatus avec une idéologise dominante qui proclame par un tour de passe passe rhétorique qu'il faut donner 5 milliards à des actionnaires pour que le monde aille mieux par le biais du tourniquet spéculatif).

    C'est pourquoi, aussi, au passage, à la question de savoir ce qu'est l'action, il est aisé de répondre qu'agir, c'est être agi par l'Être et que le sens de l'action ou de l'éthique, ou encore du questionnement ne peut se décider qu'en fonction de l'expérience de l'Être qui ne vise aucun résultat concret, ne produit rien. Il s'agit d'être ce qu'on est destiné à être par l'Être, c'est-à-dire de correspondre à notre essence d'existant (ici d'ailleurs il est intéressant de noter que nombre de personnes amalgament les termes en cofondant l'existant et la réalité).

    La condition humaine ne se comprend donc ni depuis l'homme seul, ni depuis l'homme dans sa situation sociale, économique ou politique, mais en fonction de l'histoire de l'Être qui se manifeste comme histoire de la pensée, et sur laquelle la volonté de l'homme n'a aucune prise. Car en fait l'homme ne décide jamais que de façon superficielle. S'il croit décider, c'est qu'il oublie le terme essentiel, l'Être, qui, remémoré, rappelle sa finitude et le caractère erroné de son auto-interprétation courante. Ceci entraîne certains paradoxes, en particuliers axiologiques (dans le registre de la valeur). En effet, en accordant de la valeur aux choses, on croit leur reconnaître une dignité particulière, alors qu'on les réduits à n'être qu'objets d'évaluation qui les asservit à un jugement nécessairement subjectif. Ici Frédéric Lordon rappelle à juste titre (mince je viens de dépuceler ma neutralité axiologique) que les affects sont instituteurs de la valeur et non l'inverse. 

    En fait sur cette question Théodore très subtilement avait tué le match, puisque non seulement il pose la bonne question mais induit très fortement la réponse qui existe en chacun de nous.

    Je vais le formuler différemment et de manière plus académique et moins spinoziste, pour ne pas être suspect de répandre le poison du matérialisme dialectique et sur lequel l'épithète soviétique viendrait rapidement affaiblir le substantif.

    Au point de départ, la conscience naturelle est cette conscience qui trouve son objet (objet du savoir) seulement comme son opposé - cet autre qui semble être toujours déjà-là, avant elle, sans elle. Elle est donc prisonnière du préjugé représentatif selon lequel son contenu lui vient du dehors, de l'objet. Comment passer de cette conscience naïve à la conscience philosophique, ou encore comment dépasser l'apparence d'extériorité de l'objet et accéder au savoir de l'unité, à la reconnaissance du sujet dans l'objet ? Comment prendre conscience de cela ? Comment entrer en philosophie ? Eh bien ! figurez-vous qu'il n'y a pas de parcours introductif, pas de commencement obligé par telle ou telle sphère du système : "Le commencement n'a de relation qu'avec le sujet en tant que ce dernier  veut se décider à philosopher" nous dit Kant par exemple, mais nous rappelle aussi Hegel (sich entshliessen [...] zu philosophieren). Intéressant de repasser en revue tous ces spinozistes qui s'ignorent n'est-ce pas ? Donc ce qu'il faut comprendre c'est que philosopher est un acte de liberté. Cette liberté n'est pas pur arbitraire. Elle consiste dans la résolution de penser conceptuellement non pas pour manipuler à sa guise des "idées", mais pour s'ouvrir à l'autodéploiement du concept comme au sens qui est toujours là, avant nous, qui est plus que nous, mais que notre parole philosophante contribue à manifester. En gros c'est exactement ce que vous dites (voilà pourquoi je suis d'accord) je ne fais que poser un voile rationnel sur ce que vous exprimez sans la mobilisation d'une seule ressource ou d'un seul auteur vous ne m'en voulez pas j'espère d'être d'accord avec vous ? 

    Cependant il convient d'ajouter que mon domaine de prédilection n'en déplaise à la supériorité morale des pharisiens c'est davantage la dignité des grenouilles et le bonheur des unijambistes.

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    • yamaela
      Lv 7
      il y a 4 semainesSignaler

      @Labbe: Waouh! Je suis bien contente d'être repassée par ici et d'avoir lu votre ajout. 
      Une question qui en vaut mille mais quid du langage ? Est-il commencement et fin, raison d'être ? Est-il réel ou bien existant? Ou alors conclure comme Heidegger que le langage est la maison de l'être ? 

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  • il y a 1 mois

     Le philosophe  n'invente rien il se contente d'observer comment vont les choses . 

    Les différents systèmes de philosophie depuis la nuit des temps  se contentent de nous fournir des outils appropriés ...

    Etudiez les et voyez ce que vous pouvez en tirer .

     @Ah chat recommence un niaiseux recommence à  abuser mes commentaires. Il faut dire que z'avais dit un gros mot Merci au gardien de la belle langue rabelaisienne de faire le ménage dans mes expressions .

    @@J'essaie de répondre succinctement à l'abbé qui me fait l'honneur.Mais ça peut servir à Emère 

    Deux choses sont sûres nos pensées ne viennent pas du ciel et nous ne sommes pas non plus créateurs de ces mêmes pensées .

    Par contre nous sommes créateurs à cent pour cent  ou tout au moins nous cherchons à l'être pour exprimer un ressenti face à une image, un évènement ,une intervention dérangeante.

    Et ce qui est sûr c'est que ce ressenti fugace  existe si et seulement si nous sommes aptes et suffisamment attentifs conscients éveillés pour l'exprimer à notre tour par tous les modes d'expressions dont nous disposons . 

     Je pense à Picasso apprenant Guernica ...

     Moi j'ai cauchemardé à la vue d'un homme étouffé par d'autres hommes .

      Pas besoin pour moi d'une cellule de crise... j'y arriverai merci .

       

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  • Anonyme
    il y a 1 mois

     BHL pourrait comprendre la question, moi pas ?!

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  • il y a 1 mois

    et si tu nous disais comment en es-tu arrivé à poser cette question ? le fil en aiguille de ta réflexion doit être le même pour le commun des mortels , fut-il philosophe ?

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