Léon-Paul Fargue le flâneur de l'intelligence ?

5 réponses

Évaluation
  • il y a 1 mois

    Même  s'il était  connu pour   ses immenses talents de chroniqueur, d’amoureux des rues de Paris.

    Il ne  fut  pas  que  cela 

    Il faut  aussi   y  voir  et  découvrir   son désir d’enfance, de tendresse,  son envie  de retrouver les chemins cachés de la ville et des hommes, envers celui qui bien au-delà de son livre Le piéton de Paris aura tant cheminé en nous.

    Paul Valéry disait de lui : Poète, constamment poète, et Rilke écrivait en 1926 «Fargue est un de nos plus grands poètes. » 

    Il était  une  sorte homme errant, portant en lui un sentiment du tragique, il était un veilleur du temps qui fuit, de la destinée qui se dérobe.   et un homme  rieur  et  profond   mais  un peu paresseux  et timide 

     On a surtout retenu le chroniqueur étincelant, l’amoureux des rues de Paris, mais il fut aussi un bien grand poète frappé du sceau de la tristesse.

    et il est  comme  certains  écrivains trop inclassable, hors des courants, des systèmes de pensée, des chapelles littéraires.

    Il est insaisissable avec sa lucidité aveuglante, son ironie décapante.

    Il  avait avant tout l’exigence de la langue, la jubilation des mots.

    Il fut le chroniqueur de sa vie, vie refusant la fausse lumière de la gloire ou des relations, qu’il avait pourtant nombreuses, tant on admirait ce funambule des mots.

    et j'aime  ces  3  citations  de  lui   qui le  résument  assez  bien

    ""Ecrire, c'est savoir dérober des secrets qu'il faut encore savoir transformé en diamants.""

    ""Qui dit cérébral ne dit pas nécessairement intelligent. Repassez ça de temps en temps.""

    ""L'artiste contient l'intellectuel. La réciproque est rarement vraie.""

    C'est  une  belle  idée  que  de  le  faire  découvrir  ou   re  découvrir 

    Il est à lire  ou à relire  

    Si riche  si   éclectique  et  si  attachant   émouvant   et il savait  si bien  nous  faire  rêver et   "voyager  dans  les  méandres  de  sa pensée  où l'on se perd  avec  délice  et  volupté

    • Commenter avatarConnectez-vous pour commenter des réponses
  • Nemo
    Lv 5
    il y a 1 mois

    il voisinait avec Jarry et Daumal ,comme eux pataphysicien....

    • Commenter avatarConnectez-vous pour commenter des réponses
  • Anonyme
    il y a 1 mois

    A l'époque de Descartes " être intelligent " signifiait  "  recevoir l'évidence " et n'avait rien à voir avec une compétence individuelle. On pensait que ceux qui étaient fermés à la compréhension étaient plutôt malfaisants que bêtes. Intelligence et bêtise avaient une connotation morale " le méchant " nous dirions "l'imbécile" aujourd'hui est celui qui refuse délibérément l'évidence.

    Juste un aparté, une flânerie .....

    • Commenter avatarConnectez-vous pour commenter des réponses
  • il y a 2 mois

    Il arrivait régulièrement en retard dans les dîners où lui était attribuée d'autorité la place du brillant causeur, chez l'éditeur qui avait accepté une plaquette de vers ; dans les bureaux des hebdomadaires où il plaçait opportunément ses écrits. Sur son sente il y avait forcément un estaminet, un immeuble à découvrir, ou bien au-dessus du canal Saint-Martin, une lumière de 29 février dont il convient de s’imbiber sans tarder, car elle n'illumine que les années bissextiles.

    Léon-Paul Fargue "le plus gros possesseur de mots de son époque", selon Drieu La Rochelle, et dont Saint-John Perse situait l'œuvre "entre la masse basaltique d'un Claudel et les pures cristallisations de Valéry", ne montrait aucun empressement à faire fructifier son capital. Il finassait avec la gloire comme on ruse avec l'administration des impôts en prenant le soin de ne pas déclarer l’étendue du trésor. Un redressement de situation - comme on dit un redressement fiscal - allait survenir tôt ou tard. On devra le dater d'aujourd'hui puisque je fais de ma personne l'héliocentrisme de tout ce qui le met en lumière (tout n'est que vanité... lalala...).

    Le plus connu de ses ouvrages justifie le surnom de "Piéton de Paris" sous lequel l'auteur est vaguement connu du plus grand nombre d'initiés, mais qui, en fait, le réduit au rang de barde folklorique de la plus grande agglomération française. Le second (plus connu comme dirait mon petit neveu), est un recueil de poèmes en prose, "diorama d'états d'âme" où, sans jamais abandonner le filon de la ville qui l'inspire et qu'il n'a jamais quittée - de sa naissance ô gloria ! en 1876, à sa mort quia pulvis es ! survenue en 1947 - le visionnaire prompt à saisir le fantastique dans les spectacles de rues et l'extraordinaire dans l'ordinaire d'un restaurant vend parfois la mèche. Et se met en communication avec la part meurtrie de lui-même : "J'ai vu mentir des bouches que j’aimais ; j'ai vu se fermer, pareils à des ponts-levis , les cœurs où se logeait ma confiance."

    Selon une anecdote que l'on tient de témoins sûrs, ayant surpris un soir, sa silhouette (il avait la bedaine agressive) se mit à pleurer en pensant à ce qu'il était devenu, nous en sommes tous plus ou moins là. Pour lui, et pour chacun, il est nécessaire de revenir à l'enfant, si l'on veut déceler la blessure de l'adulte par où l'encre coule. Ceci expliquant sans doute ce visage sans cesse partagé entre le sourire des lèvres et la buée des yeux. Qui pourrait tenir Fargue pour un fantaisiste aux prunelles de noceur qui d'autobus en taxi, cherche le chemin le plus long pour se rendre chez Lipp tout comme au bout de sa vie ? Le spleen que Fargue habille de prodigieuses inventions verbales, est tout simplement un spleen baudelairien un parnasse tardif qu'épousera entre autre Michaux. Sa sensibilité s'use à la dégradation des êtres, des sentiments et des choses. Son regard se voile à la contemplation de cette misère résignée qui, dans les capitales du monde, use les destins et fripe les visages, loin des zones bourgeoises ou la société du spectacle s'ébat dans l'autoérotisation d'elle-même sous les feux de la rampe.

    Pourquoi ces descriptions d'avant guerre conservent-elles tout leur attrait, alors que nous évitons de nous perdre dans celles de Balzac, d'Huysmans et d'Aragon ? Pourquoi ponts, péniches, fumées, passagers du métro nous émeuvent-ils toujours ? Pourquoi la sébile tendue du clochard vers le noctambule à chapeau melon apparaît-elle comme celle du damné saisissant le bras de Dante, pourquoi Gustave Doré plus qu'un autre sous sa prosodie nous paraît esthète ? Parce que le Paris de Fargue transite par le filtre du cœur, et le tamis de l'amour et qu'à parcourir sans trêve boulevards oubliés et places obscures l'écrivain rédige la saga familiale, sa flânerie de la réconciliation de soi. Était-il toujours heureux ? On en doute. Quelle fut leur nature ? On ne le saura jamais. Pas davantage qu’on ne connaîtra la raison de sa brouille avec son ami de toujours cet autre magicien des mots Valery Larbaud. Mais il n'y a pas à chercher plus loin le génie du gros monsieur, il parle encore à la mémoire de tous, dans le temps arrêté du rêve. Que dire d'autre au sujet d'un esprit doté d'un si prodigieux pouvoir d'imagination, à la tête d'une fabrique de métaphores dont les fourneaux brûlent vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

    • Commenter avatarConnectez-vous pour commenter des réponses
  • Que pensez-vous des réponses ? Vous pouvez vous connecter afin de voter pour la réponse.
  • Anonyme
    il y a 2 mois

    Yahoo yahoo yahoo

    • Commenter avatarConnectez-vous pour commenter des réponses
Vous avez d’autres questions ? Pour obtenir des réponses, posez vos questions dès maintenant.