Riha Cœur de Jade a posé la question dans Arts et sciences humainesPoésie · il y a 5 mois

peut-on hiérarchiser la douleur? certaines guerres certains génocides sont-ils plus inhumains plus monstrueux que d'autres?

... quand une braise se pose sur la peau d'une personne, ressent-elle moins la brûlure que celle qu'une fièvre embrasse?

:~:~:~:~:

Douleur muette

À Victor Lalotte.

Pas de larmes extérieures !

Sois le martyr mystérieux ;

Cache ton âme aux curieux

Chaque fois que tu les effleures.

Au fond des musiques mineures

Épanche ton rêve anxieux.

Pas de larmes extérieures !

Sois le martyr mystérieux ;

Tais-toi, jusqu'à ce que tu meures !

Le vrai spleen est silencieux

Et la Conscience a des yeux

Pour pleurer à toutes les heures !

Pas de larmes extérieures ! —

Maurice Rollinat (1846-1903, à 56 ans) - Les névroses (1883).

passez une excellente fin de journée

Mise à jour:

:~:~:~:

on dit toujours qu'il y a plus malheureux que soi

Mise à jour 2:

:~:~:~:

merci à toutes et à tous pour vos si belles réponses

bonne journée ♥ ♥ ♥

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8 réponses

Évaluation
  • il y a 5 mois
    Meilleure réponse

    Bonsoir Riha,

    Non on peut pas hiérarchiser la douleur, elle est, et brutalise celui qui la subit, jusqu'à la suffocation de son coeur et de son âme.

    Tous les génocides sont des crimes contre l'humanité, car ils refusent le droit de vivre à des êtres que l'on élimine en raison de leur appartenance à un peuple, à une religion, .

    Le nourrisson mort dans une chambre à gaz, et le nourrisson dépecé à coups de machette, sont réunis dans cette haine effroyable qui veut détruire le visage de l'Autre (Lévinas)

    Dans le ghetto

    Comme des pas sur la route de poussière

    Faits par une multitude d’esclaves épuisés,

    Nos jours et nos nuits sans sommeil

    S’étirent sans fin dans le ghetto.

    Les heures passent plus lourdement que le plomb,

    Chaque minute est pleine de peurs et d’horreurs ;

    L’on prie que chaque jour passe,

    Que chaque nuit nous laisse saufs.

    L’on ne dort pas, mais on écoute, on monte la garde,

    Pendant que des pensées terribles viennent à l’esprit -

    Qui le destin a décidé de ramasser cette nuit

    Pour être leur prochaine victime…

    Étendu ainsi, on tremble quand

    Une porte grince quelque part,

    Le cœur frissonne quand une souris affamée

    Grignote un bout de papier.

    Un bras se resserre quand le vent

    Disperse des bouts de papier dans la cour,

    Comme un homme muet, l’on prend congé sans un mot

    De sa mère, de sa femme, et de ses enfants.

    Ainsi l’on termine gisant dans la peur et l’horreur,

    Poussés, déplacés comme de vulgaires esclaves -

    Ainsi passent nos jours,

    Nos nuits sans sommeil.

    Cracovie, mai 1942

    Mordechai Gebirtig

    • je ne connaissais pas cette auteure c'est par hasard que j'ai acheté ce livre et je ne l'ai pas encore fini - merci ma chère Banjo pour ton com j'irai voir sur youtube ses vidéos - quel bel exemple d'optimiste et de force n'est-ce pas . bisous♥

  • Elidal
    Lv 6
    il y a 5 mois

    Bonsoir belle Riha,

    La douleur est si personnelle qu'il me semble difficile de la hiérarchiser... Les guerres sont des horreurs provoquées par des intérêts d'états, des crises économiques, sociales et où combattent des peuples ennemis... Mais comment qualifier les génocides qui s'en prennent à des gens qui ne sont pas nés au bon endroit ou qui n'ont pas la bonne couleur de peau, la bonne religion? Donc je vois une grande différence entre les deux même si le résultat est le même...

    Adieu à la poésie

    Mes pleurs sont à moi, nul au monde

    Ne les a comptés ni reçus,

    Pas un oeil étranger qui sonde

    Les désespoirs que j’ai conçus

    L’être qui souffre est un mystère

    Parmi ses frères ici-bas ;

    Il faut qu’il aille solitaire

    S’asseoir aux portes du trépas.

    J’irai seule et brisant ma lyre,

    Souffrant mes maux sans les chanter ;

    Car je sentirais à les dire

    Plus de douleur qu’à les porter.

    Louise Ackermann

    Passe une bonne soirée, bisous ♥

    • merci pour ta réponse et le si beau poème de l'une de mes poétesses préférées et elles sont légion Louise Ackermann
      bisous à vous deux

  • il y a 5 mois

    à mon avis, la pire, c'est la non-reconnue comme telle, celle qu'il faut après aussi de

    la taire …

  • h....
    Lv 6
    il y a 5 mois

    Ni la hiérarchiser ni la justifier...l'on ne le peut sinon où placer les grandes douleurs muettes...

    Cette :

    Alchimie de la douleur

    "L'un t'éclaire avec son ardeur,

    L'autre en toi met son deuil, Nature !

    Ce qui dit à l'un : Sépulture !

    Dit à l'autre : Vie et splendeur !

    Hermès inconnu qui m'assistes

    Et qui toujours m'intimidas,

    Tu me rends l'égal de Midas,

    Le plus triste des alchimistes ;

    Par toi je change l'or en fer

    Et le paradis en enfer ;

    Dans le suaire des nuages

    Je découvre un cadavre cher,

    Et sur les célestes rivages

    Je bâtis de grands sarcophages."

    Charles Baudelaire.

    Salam belle Riha...

    • et je m'entête à louer ta Création, mon Dieu, en dépit de tout!"

      merci pour le très beau poème de Baudelaire j'aime beaucoup elf boussa Hbiba el 3aziza♥

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  • il y a 5 mois

    Bonsoir Riha

    Merci pour Maurice Rollinat

    Les grandes douleurs sont parfois muettes.

    Bêtise de la guerre

    Ouvrière sans yeux, Pénélope imbécile,

    Berceuse du chaos où le néant oscille,

    Guerre, ô guerre occupée au choc des escadrons,

    Toute pleine du bruit furieux des clairons,

    Ô buveuse de sang, qui, farouche, flétrie,

    Hideuse, entraîne l’homme en cette ivrognerie,

    Nuée où le destin se déforme, où Dieu fuit,

    Où flotte une clarté plus noire que la nuit,

    Folle immense, de vent et de foudres armée,

    A quoi sers-tu, géante, à quoi sers-tu, fumée,

    Si tes écroulements reconstruisent le mal,

    Si pour le bestial tu chasses l’animal,

    Si tu ne sais, dans l’ombre où ton hasard se vautre,

    Défaire un empereur que pour en faire un autre ?

    Victor Hugo

    • du moins pas tout à fait et qu'il reste encore beaucoup à faire pour que l'humanité soit pleinement et définitivement heureuse

      merci à tous les deux bisous bonne journée

  • il y a 5 mois

    bonsoir Riha

    Non tous les genocides sont la meme horreur

    cependant pour la douleur Il y a gradation , dans les hopitaux ils utilisent d ailleurs une echelle pour se rendre compte comment le patient ressent sa douleur. Pour echapper aux chiffres il y a entre autre, celles qui demangent, grattent, font faire la grimace, grogner, nous font plier en deux, nous agenouiller, nous font hurler..nous rendent fou..

    Sonnet.

    Le soldat frappé tombe en poussant de grands cris ; 

    On l'emporte ; le baume assainit la blessure, 

    Elle se ferme un jour ; il marche, il se rassure, 

    Et, par un beau soleil, il croit ses maux guéris.

    Mais, au premier retour d'un ciel humide et gris, 

    De l'ancienne douleur il ressent la morsure ; 

    Alors la guérison ne lui paraît pas sûre, 

    Le souvenir du fer gît dans ses flancs meurtris.

    Ainsi, selon le temps qu'il fait dans ma pensée, 

    À la place où mon âme autrefois fut blessée 

    Il est un renouveau d'angoisses que je crains ;

    Une larme, un chant triste, un seul mot dans un livre, 

    Nuage au ciel limpide où je me plais à vivre, 

    Me fait sentir au cœur la dent des vieux chagrins.

    https://www.poesie-francaise.fr/poemes-rene-franco...

    bonne soirée paisible et sereine

    • et si lui l'oublie son corps comme sa conscience le lui rappellent sans aucune pitié
      encore merci à toi passe une excellente journée

  • chuche
    Lv 7
    il y a 5 mois

    bonsoir Riha

    ce soir pas de poésie

    non la douleur ne peut être hierarchisée au même titre que la mort que ce soit un ancien ou un enfant la mort est la mort

    je ne supporte pas cette manière qu'on a de donner plus de valeur à l'un ou à l'autre

    exemple à la télé " 5 morts dont UN ENFANT " en appuyant bien sur le mot enfant comme si les autres n'avaient pas d'importance

    ce n'est pas très poétique mais

    non on ne peut pas hierarchiser la douleur qu'elle soir physique ou morale

    La biche brame au clair de lune

    Elle a perdu son petit faon

  • Anonyme
    il y a 5 mois

    Les races n'ont pas toutes les même sensibilité à la douleur physique.

    Les jaunes seraient moins sensibles.

    • cependant, je comprends ce que tu veux dire mais chacun a sa propre sensibilité et devant la souffrance toutes les personnes qui font partie de la race humaine sont à égalité

      merci pour ta réponse passe une bonne journée

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