Peut-on prétendre "critiquer les religions" quand on n'y connaît rien en anthropologie ?

...et quand on n'a aucune curiosité pour l'être humain ? Quand on méprise d'avance tout ce qui tranche avec nos habitudes et notre vision du monde ? On peut critiquer des comportements, des hommes. Mais une religion ? On peut la critiquer aussi, à condition de comprendre pleinement les aspects que... afficher plus ...et quand on n'a aucune curiosité pour l'être humain ?
Quand on méprise d'avance tout ce qui tranche avec nos habitudes et notre vision du monde ?

On peut critiquer des comportements, des hommes. Mais une religion ? On peut la critiquer aussi, à condition de comprendre pleinement les aspects que l'on critique.
Par exemple, on peut penser que l'excision ou la circoncision (bien que les deux ne soient pas franchement équivalents) sont scandaleux, mais se scandaliser ou s'indigner, bêler avec la masse, n'importe quel mouton peut le faire (y'a qu'à voir ce vieux con de Hessel).

Ce qui est plus difficile, car plus intelligent (et donc hors de portée de la plupart de ceux qui réclament le droit de "critiquer" alors qu'ils ne veulent qu'exercer un droit d'insulter et de dénigrer), c'est d'essayer de comprendre ce que peuvent signifier ces pratiques pour l'être humain. Pourquoi sont-elles pratiquées ?

Comprendre n'est pas justifier.
Je m'étonne toujours qu'une bonne part des athées se prétende dépositaire de la rationalité et de la science sans jamais être capable d'aborder un sujet objectivement. Les "critiques" que l'on lit ici sont presque toujours des attaques militantes qui n'ont rien à voir avec l'attitude sereine de la personne qui s'intéresse aux hommes, à leurs civilisations, à leurs pratiques, à leur psychologie.

Je ne suis pas cannibale, il ne me viendrait pas à l'esprit de goûter mon voisin, mais si on veut parler du cannibalisme, on ne peut pas se contenter de dire "c'est une pratique barbare", sauf si on est un imbécile.
Parce que ça n'est pas une attitude qui permet de comprendre quoi que ce soit et de faire fonctionner son intelligence.

Peut-on être athée et préférer la réflexion à l'indignation ? La réponse semble évidente puisque les athées se disent les chantres de la rationalité.
En réalité, je commence sérieusement à douter que l'on puisse être athée et réfléchir. A une époque, à cette époque où être athée revenait à risquer sa vie, pourquoi pas ? Mais aujourd'hui, être athée et prétendre "critiquer les religions" c'est juste bêler avec le troupeau, bien installé dans sa beaufferie.
Mettre à jour: @Pingouin : On peut prétendre critiquer les religions quand on n'y connaît rien en anthropologie, mais à condition d'être anthropologue ?
C'est au moins un raisonnement d'athée ça...
Mise à jour 2: @mimi : Discours médiatique qui ne fait que consacrer la domination de l'infra-humain sur l'humain dans la (post-)modernité.
Mise à jour 3: @Almire : Ta remarque sur la morale est révélatrice. Je trouve amusant que l'athée ne parvienne pas à se défaire de son moralisme, alors que la rationalité est précisément amorale. A mes yeux, dire que l'excision est une pratique barbare ne peut pas être la conclusion, c'est plutôt le premier pas de ta... afficher plus @Almire : Ta remarque sur la morale est révélatrice.
Je trouve amusant que l'athée ne parvienne pas à se défaire de son moralisme, alors que la rationalité est précisément amorale. A mes yeux, dire que l'excision est une pratique barbare ne peut pas être la conclusion, c'est plutôt le premier pas de ta réflexion sur le sujet. Mais s'il n'y a pas de deuxième, puis de troisième pas, il n'y a pas de réflexion, il n'y a que des déclarations moralisantes sans intérêt.

Réfléchir n'est pas moral. Ce n'est pas immoral non plus. C'est amoral.
Mise à jour 4: S'indigner, c'est comme le métro, ça mène partout à condition d'en sortir.
Mise à jour 5: @SPL : Non, je souhaite simplement que la supériorité réelle de celui qui sait sur celui qui ne sait pas, de celui qui réfléchit sur celui qui réagit, soit reconnue comme telle. Au-delà des personnes, c'est la question de la valeur de la pensée qui est en jeu. Tout ne se vaut pas, la réflexion est supérieure... afficher plus @SPL : Non, je souhaite simplement que la supériorité réelle de celui qui sait sur celui qui ne sait pas, de celui qui réfléchit sur celui qui réagit, soit reconnue comme telle.

Au-delà des personnes, c'est la question de la valeur de la pensée qui est en jeu. Tout ne se vaut pas, la réflexion est supérieure à l'indignation, la pensée est supérieure à la morale.
Mise à jour 6: @Pharisien : Dire "c'est une barbarie sans nom", c'est un jugement de valeur. C'est un jugement de valeur que je partage, mais ça ne présente aucun intérêt parce que ça dispense de réfléchir et de chercher à comprendre. C'est le premier pas parce que c'est la première réaction,... afficher plus @Pharisien : Dire "c'est une barbarie sans nom", c'est un jugement de valeur. C'est un jugement de valeur que je partage, mais ça ne présente aucun intérêt parce que ça dispense de réfléchir et de chercher à comprendre.
C'est le premier pas parce que c'est la première réaction, c'est le point de départ. Tu peux revenir au point de départ, mais il faut avoir fait un tour complet avant. Sinon, ça n'a aucune valeur.
Mise à jour 7: @@Almire : Mais justement, l'athée n'est pas religieux par définition. Il est censé s'être affranchi des catégories bien/mal imposées par une vision réductrice de ce qui constitue le religieux. Pour moi, tout l'intérêt de l'athéisme réside là : dans sa capacité à se libérer du moralisme, ce qui... afficher plus @@Almire : Mais justement, l'athée n'est pas religieux par définition. Il est censé s'être affranchi des catégories bien/mal imposées par une vision réductrice de ce qui constitue le religieux.
Pour moi, tout l'intérêt de l'athéisme réside là : dans sa capacité à se libérer du moralisme, ce qui permet une purification du religieux, et un certain détachement qui permet d'aborder les choses de manière sereine et curieuse. Force est de constater que l'athéisme n'a pas (ou plus) cet effet.
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