peut-on penser la mort?

A force de voir des questions et des affirmations sur la peur de la mort, le moment me semble venu de pousser un peu plus loin que les récitations doctrinales qui coupent court à la pensée par l'automaticité des réponses qu'elles proposent.

On pourrait poursuivre par "de quoi a-ton peur exactement quand on a peur de la mort ?"

Mise à jour:

@Li Prophète

>>"Même en sachant qu'il y a "quelque chose après","

Si tu sais qu'il y a quelque chose après, pourquoi parles-tu de peur de l'inconnu dans la phrase qui précède ?

Mise à jour 2:

@Ted

J'aurais apprécié une réflexion avec un plan et avant de se précipiter sur une conclusion, une évaluation de ce que signifie "penser" et comment cela peu s'appliquer à "la mort"..... Enfin, si ce n'est pas trop demander ?

Mise à jour 3:

@Ted(2)

De la part de quelqu'un qui sort le stylo rouge systématiquement, eg pour stigmatiser le manque de réflexion d'autrui, et par là, se montre incapable d"d'accepter humblement les réponses qui sont données", la rigueur de pensée me semble un minimum exigible, .ne serait-ce que pour lui donner l'occasion de montrer par l'exemple, en quoi le surplomb qu'il affiche est fondé sur du concret.

Mise à jour 4:

@Yahyâ

Dans mon idée, et peut-être je me trompe, l'acte de pensée consiste à faire le tour d'un objet jeté devant soi (du "ob" +" jet" ). Cette évaluation me semble difficile concernant la mort dont la connaissance ne peut être "objective" vu quelle ne peut être objectivée (mise en objet).

Même si ta conclusion ("une peur bien sotte") me convient subjectivement , ton cheminement me semble pointilliste . Peux-tu éclairer ?

Mise à jour 5:

@Bergalion

>". Alors que quelqu'un qui croit à une après-vie n'a pas cette peur-là."

Autant tu es intéressant quand tu donnes ta pensée, tes raisonnements, tes impressions, autant quand tu prêtes, sous couleur d'universel, ce que furent tes pensées avant ta conversion l'athéisme, à tout un chacun, tu vas dans le mur. Toutes les consciences ne pensent, croient pas la même chose au même moment

En revanche , si tu croyais que tel était le but à atteindre, on comprend bien le mécanisme par lequel tu es devenu athée. Merci, donc.

Mise à jour 6:

@farihatoune

Je ne vois pas bien comment on peut avoir affaire à la mort personnellement sauf expérience de mort imminente, laquelle est contestée comme "expérience de la mort" vu que, pour en revenir, il faut s'être arrêté juste avant

Mise à jour 7:

@Yahyâ

Perso, je comprends différemment "penser la mort" et "penser que l'âme existe" (on va dire âme pour le moment) Le deuxième "penser" me semble l'adhésion à une doctrine (dualiste) donc une croyance. Ce n'est donc pas une pensée.

je ne sais pas si tu me suis, Mr le philosophe ?

16 réponses

Évaluation
  • ROY E
    Lv 6
    il y a 9 ans
    Meilleure réponse

    Énorme question...Trop de réponses réflexes pour structurer ma réponse qui se synthétise cependant en "oui".

    D'abord un témoignage personnel, celui d'un accompagnant pour des raisons professionnelles qui fut très tôt surprit pas le calme et l'abandon des mourants en phase terminale lorsque les douleurs sont maîtrisées. Quand on a un peu plus de vingt ans, cela interpelle de constater que MA peur de la mort était plus grande que la leur dans l'immense majorité des cas. Évidement, cette communauté impose une réflexion qui rapidement se pose comme "pourquoi ai je peur et pas eux ?" Pourquoi aussi les enfants n'ont ils pas ou peu peur de la mort, constatation du calme des petits leucémiques de 4, 5 ans qui réconfortaient les autres en leur disant "C'est pas grave, je serai mort bientôt mais c'est pas grave"...Là encore on est interpellé par la question "pourquoi ce calme?"

    Je ne suis pas philosophe ni assez lettré pour savoir si mes hypothèses sont sérieuses ou ridicules, mais il me semble que pour un enfant, la mort est moins impressionnante car sa vie est intemporelle en ce sens qu'il la pense sans changements majeurs : papa et maman seront toujours là avec lui et il ne se lassera jamais de son camion de pompier, une interruption de cette stabilité ne "casse" pas les projets d'avenir, car il n'y en a pas encore (cela viendra avec l'adolescence).

    La personne âgée a vécu, accompli des choses par rapport à ses envies de jeunesse, puis sont apparues les rhumatismes, les souffrances, la baisse des facultés qui amènent à la compréhension et à l'acceptation de la finitude de la vie, la somme des avantages devenant progressivement moindre que celle des inconvénients, "on quitte alors la pièce enfumée"passivement (parfois aussi activement mais c'est une autre histoire).

    Le problème de la mort me semble surtout prégnant lors qu'elle est théorique (lointaine) ou inacceptable (accidentelle, violente, maladie "trop" précoce), ce moment ou on ressent que la vie pourrait durer indéfiniment, mais ou "on sait" que ce n'est pas le cas.

    Si on accepte (ou que l'on pense) que la vie est finie et que la mort est une dissociation d'atomes comme le dit Épicure, alors la mort n'est pas un problème.

    Si on pense que la vie est infinie, qu'elle se poursuit après la mort, bref si on refuse la finitude de la vie, alors il faut bien penser cette "après vie", l'imaginer et proposer les modèles pythagoriciens, Platoniciens, puis Chrétiens et Musulmans (entre autre car ce ne sont pas les seuls).

    L'intéressant de proposer une "après vie" aux jeunes, c'est que c'est à cet âge que les plus âgés les envoie se faire tuer ou tuer des jeunes de leur âge pour des raisons bassement politiques et financières, et que sans cela, les jeunes seraient beaucoup plus réticents à la guerre et les plus âgés, qui eux ne veulent pas encore mourir seraient bien embêtés.

    Pour résumer ce fouillis dont je m'excuse, je vous dirais que de mon point de vue il faut surtout penser la vie, car vous savez déjà que la vision épicurienne et matérialiste a ma préférence :-)

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  • il y a 9 ans

    Bien sûr qu'on peut penser la mort, sinon tous mes philosophes préférés seraient bons pour la poubelle (oui, je sais que c'est ce que tu penses @Ted...).

    A partir du moment où tu penses qu'en l'homme, il y a quelque chose qui est indépendant du corps, qui lui est antérieur ontologiquement, il est logique de penser que la mort de son corps n'influera pas sur cette chose. Il y a quelque chose qui ne meurt pas et ne se meut pas, à la source de l'Homme et de l'Univers. De là, la peur de la mort n'est que la peur de perdre son corps, ses possessions, sa vie terrestre en général. Une peur bien ridicule en somme...

    Ce dont on peut avoir peur, c'est plutôt de se retrouver face à soi-même, de voir tous nos actes terrestres éclairés par la lumière de la Vérité, ou de l'Absolu.

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  • Anonyme
    il y a 9 ans

    La peur de la mort n'est qu'un réflexe, une réaction instinctive purement mécanique, puisque comme tout être vivant nous sommes programmés pour éviter la mort par tous les moyens. Mais quand on y réfléchit, on n'en a pas vraiment peur.

    Il suffit par exemple d'agir chimiquement sur le cerveau pour que le réflexe peur-de-la-mort disparaisse : c'est le cas des gens qui prennent le volant ivres, ou des gens défoncés qui sautent par la fenêtre. En 14-18, une bonne rasade de vin chaud ou de schnaps pour tout le monde et hop ! voilà le régiment tout entier qui sort de la tranchée et court se faire dézinguer.

    On peut aussi supprimer cette peur de la mort par l'action de l'esprit. C'est le cas du sage ou du mystique qui meurt serein. Ou le cas du désespéré ou du fanatique qui se suicide.

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  • Anonyme
    il y a 9 ans

    On à tout simplement peur, du néant, de l'inconnu. On se pose la question du devenir après. Mais on n'a pas de réponse et ne la connaîtrons jamais. Car après, même si la vie continu, on ne sera pas amené de se dire " Ahhh mais oui, c'était donc ça !!!

    • Nut
      Lv 4
      il y a 5 ansSignaler

      Ben si on va la connaître, on est pas immortel !

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  • Ce n'est pas une peur de la mort en soi mais de l'inconnu.

    Oui, en tant que croyants nous "savons" ce qu'il y a après, mais ça reste dans le domaine de la théorie. On a jamais eu affaire à une situation similaire. Donc ça reste dans le domaine de l'inconnu, et l'inconnu fait peur.

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  • Anonyme
    il y a 9 ans

    on a peur de ne plus vivre!

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  • dadou
    Lv 6
    il y a 9 ans

    bonjour

    je pense pour ma part

    que la mort ne fait pas peur pour celui qui c'est qui va mourir quand il est preparer a son depart

    mais la peur est pour celui qui reste ici dans se monde (la souffrance)

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  • Anonyme
    il y a 3 ans

    Salut ;) Je dirais qu il est comme ce brave Louis XVI qui fut un roi quii n etait pas fait pour régner et dont les ministres agissaient comme des loups pour saper son pouvoir Dans le cas de dieu, il s est fait piquer ses prérogatives par des religieux qui lui imposent un culte de l. a. personnalité et qui agissent de manière abjecte en son nom

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  • il y a 9 ans

    Pour moi qui ne crois pas à l'âme, la mort est un retour à l'état "d'avant-naissance". La vie émerge de l'organisation des constituants du corps, et quand cette organisation disparaît, la vie disparaît. Un peu comme un cristal de neige n'est constitué QUE d'eau, mais son organisation fait qu'un cristal de neige est "plus" qu'un tas de molécules d'eau. Mais quand ce cristal fond, il retourne à son état d'eau liquide déstructurée, et il ne reste aucune trace, aucune "inscription" de ce qu'il était.

    Depuis que j'ai cette conception de la mort, je n'ai plus peur de la mort en tant que telle. D'une certaine manière, je l'ai objectivée en la comparant à ce que je ressentais avant d'exister (c'est-à-dire rien). Comme Mark Twain : "Je n'ai pas peur de la mort. J'ai été mort pendant des milliards et des milliards d'années avant de naître, et je n'en ai pas souffert le moins du monde". La composante "mystère" de la mort a complètement disparu chez moi, ainsi que la composante "jugement, châtiment ou rétribution".

    J'ai toujours peur de mourir, mais c'est parce que j'ai peur que ma vie s'arrête. Alors que quelqu'un qui croit à une après-vie n'a pas cette peur-là. Peut-être que d'une certaine manière, la peur de mourir est inévitable, quelle que soit notre représentation de la mort. Comme le dit HaCa, peut-être est-ce parce que cette peur est ancrée en nous comme elle l'est chez tous les animaux, la peur de la mort étant un corollaire de l'instinct de survie. On construit beaucoup autour du concept de la mort, tout comme on construit beaucoup autour du concept de l'amour, mais pour moi on ne fait, au fond, que "moduler" deux instincts animaux primaires : l'instinct de survie et l'instinct de reproduction. D'ailleurs, que l'on croie à une après-vie ou pas, je pense qu'on est beaucoup plus serein face à la mort une fois qu'on pense avoir eu une vie accomplie.

    (Désolé de n'avoir pas pu répondre à ta question d'il y a 1 semaine)

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  • quand on a pas eu affaire à elle personnellement ,toute penser d'elle restera veine , mais quand des êtres vivants meurent dans vos bras et vous les voyez glisser , partir , disparaître, à ce moment là vous aurez matière à "penser" et cela deviendra '"objet - tif'"

    @jout:effectivement et quoi qu'on pense d'elle sa pensée ne restera que subjective mais si on regardais mourir les gens de pres , une personne qui meurt dans vos bras et vous retez là spectateur impuissant devant le procesus de mort ,c'est vous qui la frolait de pres ,vous la senter presque ,vous vous dite :elle est là , à ce moment là elle devient objet à penser.

    et ça donne vraiment à réflechir.

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