TOTO
Lv 7
TOTO a posé la question dans Politique et gouvernementPolitique · il y a 1 décennie

L'autorité d'un seul, c'est un crime ?

"Sans l'autorité d'un seul, il y aurait la lumière, il y aurait la vérité, il y aurait la justice. L'autorité d'un seul, c'est un crime."

Comment comprenez-vous cette citation de Louise Michel ? ... Peut-on y voir un rapport avec le fameux " La propriété, c'est le vol " de Proudhon ?

Mise à jour:

@Quetzal & Martin :

« L’autorité d’un seul »… cela ne signifie-t-il pas « quelque soit celui qui use d’autorité » ? Donc il n’y a pas ici de notion de prise de pouvoir comme chez Bakounine ou Marx, mais de se déprendre de la tentation de celui-ci. Et le reste de la phrase l’inspire.

Par ailleurs, l’autorité n’est-elle une propriété ?… celle du pouvoir.

Mise à jour 2:

@Che : Non, pas communiste, communarde et anarchiste.

Mise à jour 3:

@Micdal : Si personne ne monopolise le pouvoir, c'est donc qu'il s'exerce collectivement, de fait. Après tout est une question d'organisation.

5 réponses

Évaluation
  • il y a 1 décennie
    Réponse favorite

    J'ai trouvé à cette phrase des accents hugoliens avant de voir qui en était l'auteur.

    C'est assurément une définition possible du crime, en effet.

    Dans la mesure ou la célèbre phrase de proudhon proclame hautement le caractère radicalement anti-social de la notion même de "propriété privée" - et celle de Louise Michel, le caractère tout aussi radicalement anti-social de l'autorité d'un sur les autres, je crois pouvoir dire que je vois un rapport entre les deux.

    @l'auteur

    je suis tout à fait d'accord avec ton ajout. En parlant d'autorité, je n'allais pas non plus jusqu'à la notion de "prise du pouvoir", le problème se pose bien en deçà à mes yeux aussi. Et j'approuve complètement à ce sujet l'emploi d'un verbe comme "se déprendre" ;-)

    Source(s) : @Quetzal Il y a longtemps que je ne me suis plus replongé dans la dispute Marx/Proudhon, je ne sais si je saurais apporter une réponse aussi précise que vous le souhaiteriez. Par ailleurs, les interprétations non-marxiennes de Proudhon chez les anarchistes purs et durs sont complexes aussi. J'ai souvenirs de vifs débats entre libertaires au sujet de la propriété en anarchie, il y a 15 ans de cela, avec des contributions d'expérimentateurs qui avaient essayé de vivre en communauté... Bref. Je veux bien toutefois préciser ici ce qui n'est que mon interprétation, au risque de m'éloigner de la pensée originelle de Proudhon: toute prétention à la propriété privée, à l'appropriation, à faire main basse sur quoi que ce soit et le déclarer "mien" est par essence abusive et repose sur l'idéalisme bourgeois de l'individu monade, extrait artificiellement, séparé de la société. Toute appropriation oublie le caractère social de la production, y compris la production de ma propre personne... Voilà ce que j'entends par "la propriété, c'est le vol". En dehors de l'idéalisme bourgeois, il ne peut guère être fait état que d'une propriété d'usage par les membres de la société. Dans une société non-marchande, par ailleurs, je suis encore moins certain de pouvoir préciser facilement ce qui mérite le qualificatif de "moyen de production" - ce terme étant associé habituellement aux seules catégories du travail et de la marchandise - et ce qui n'en relève pas, que dans l'actuelle société marchande, étant donné le stade avancé de marchandisation du monde, et ses incessants progrès. Mon intérêt pour ces deux phrases provient avant tout des deux aspects convergents d'une même critique de fond de l'idéologie de la séparation qu'on peut y lire, sous l'aspect de la dénonciation des simples spoliation des biens, spoliation du pouvoir que réalisent autorité et propriété-, même si cette critique était loin d'être aboutie dans les têtes de leurs auteurs d'alors: et j'avoue que ça me paraît déjà beaucoup de prétendre essayer de parler de ça sur QR ;-).
  • Micdal
    Lv 7
    il y a 1 décennie

    C'est l'inverse de la démocratie prônée par Périclès et les Athéniens, c'est la poursuite de l'esclavage.

    Le pouvoir ne se partage pas, ne se délègue pas, il s'exerce collectivement

  • Anonyme
    il y a 1 décennie

    Quelle femme .... une communiste ...je comprends ce qu'elle a voulu dire, je suppose .... la dictature ne passera pas par moi !

  • Anonyme
    il y a 1 décennie

    Je ne pense pas que cette citation de Louise Michel, aussi véridique soit-elle, puisse être mise en parallèle avec le "la propriété c'est le vol" de Proudhon...

    Ici Proudhon parle de propriété non de pouvoir...

    On pourrait plutôt la rapprocher de

    "les libertés ne se donnent pas, elles se prennent" de Bakounine

    ou

    "voter c'est abdiquer" voire "non seulement ils votent mais ils le font sans être payés" d'Élisée reclus je crois.

    ou encore

    "Plus bêtes que les bêtes, plus moutonniers que les moutons, l'électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des révolutions pour conquérir ce droit"

    de Mirbeau, mon texte favori

    http://www.homme-moderne.org/textes/classics/mirbe...

    Source(s) : @ Martin: N'étant pas un expert de Proudhon, quelle est la définition de "propriété privée" dont on parle ici ? Est-elle à opposer à la "possession", c'àd. ne s'appliquant qu'aux structures de production (déf. marxiste si je ne me trompe)
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  • ouimai
    Lv 7
    il y a 1 décennie

    si elle est bonne, et reconnue valable, non, ce n'est pas un crime.

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