PascalB a posé la question dans Societé et cultureCorrida · il y a 10 ans

Peut-on vraiment penser par soi-même?

Oui, je sais, je suis le premier à critiquer ceux qui répondent en philo par une citation de trucmuche machinchose sans la développer et en revanche j'apprécie ceux qui répondent en montrant qu'ils ont réfléchi, même s'ils sont comme moi parfois (ou toujours si on suit la rhétorique glandulfienne) longs et verbeux.

Mais le problème n'est pas dans la volubilité ou son contraire. Il est dans le fait que dans notre société du paraître dont on peut difficilement s'échapper, même en s'évadant sur le net et en particulier sur QR, on cherche plus à montrer qu'on a réfléchi plutôt qu'à vraiment réfléchir pour aider son collègue.

Même si on ne cite personne dans la réponse, cela prouve-t-il pour autant qu'on a pensé par soi-même? Ou est-ce que cela ne prouve pas plutôt qu'on a fait semblant de réfléchir, et qu'on a en fait recollé des bribes de réflexions vues ou entendues à droite à gauche. On sortirait en quelque sorte une ribambelle de citations indirectes sans donner nos références et sans avoir l'air d'y toucher, le comble de l'hypocrisie!

On serait de toute façon incapables de créer vraiment, ne faisant que recopier en agrégeant (comme on l'a fait de Noocratie, qui ne s'en est pas plaint) plus ou moins bien des idées glanées à droite et à gauche. Notre seul mérite serait donc de faire illusion, mais après tout, on peut être aussi bon illusionniste ou bon agrégateur que bon agrégé.

Et puis, on pourrait en dire autant des scientifiques, qui n'inventent jamais rien de nouveau, se contentant eux aussi et de plus en plus de compiler des résultats obtenus par d'autres.

Qu'en "pensez"-vous vous-mêmes ou qu'en pense Machin truc?

Mise à jour:

@Tétaclic : tu m'as mis là une bonne claque! J'ai zappé ta question, je n'ai pas toujours été très présent sur QR, ça m'apprendra.

Mise à jour 2:

@Herberto : désolé, mais je ne vois vraiment pas le rapport avec la choucroute. Même pour citer, faut bosser.

Mise à jour 3:

@Caprine : "sans les autres, je ne suis rien", mais ça vaut bien une citation à l'ordre de QR et 10 citations du mou qu'hante ou d'Hume ou Kant sans rapport avec le sujet.

Mise à jour 4:

@Paganel : oui tu as péché (heu pardon cité), mais à ton avis qu'est-ce qui me fait penser que tu as là pensé par toi-même?

Mise à jour 5:

@ Tous : ce que vous dites me laisse penser que ce n'est pas non plus la production de citations qui fait débat. Je ne critique d'ailleurs pas ceux qui citent en développant ce qu'a dit l'auteur (je le fais moi-même souvent). C'est une preuve de compréhension et de réflexion et, en ce sens je suis d'accord avec Paganel (qui devrait venir plus souvent mettre son grain de sel dans la philo).

Ce qui fait débat, c'est le rapport de la citation avec la question posée, sa pertinence en quelque sorte. Juger de la pertinence des paroles d'un auteur avec la problématique soulevée, ce n'est certes pas créer (mais crée-t-on vraiment un jour?) mais cela procède à coup sûr d'une réflexion.

11 réponses

Évaluation
  • il y a 10 ans
    Meilleure réponse

    Bonsoir.Je ne pense pas avec les pensées des autres non..je n'y vois là aucun intérêt..le copié collé m'embête..Mais cher Monsieur je n'ai pas la science infuse et ci et là j'ai du glaner à mon insu les enseignements passés des autres ce qui me permet de faire mon tri et de m'y sentir bien et, en accord total avec ce que je suis...Sans les autres ,je ne suis rien ...

  • Loula
    Lv 7
    il y a 10 ans

    C'est bien ça penser. Un monde de souvenirs et de contenus emmagasinés depuis la naissance et triés par cette merveilleuse machine qu'est notre cerveau. Tu as raison, les pensées viennent du dehors mais la capacité de discernement et l'association des idées est propre à chacun. Il est cependant nécessaire que nous soyons le maître de notre cerveau et pas l'inverse. Savoir arrêter de penser est une véritable preuve d'intelligence à mon sens, contrairement à ce que tout le monde pense justement. Un état méditatif naturel qui ne soit pas imposé par le mental est la seule voie capable de nous y conduire. Un retour à l'enfance et à la spontanéité en quelque sorte ... Mais comment cesser de penser dans une société qui t'empêche même de dormir ? C'est la tout la puissance de l'intelligence ...

  • il y a 10 ans

    Toute personne pense. Ce sont nos capacités à raisonner qui diffèrent.

    L'éducation, l'environnement, notre pouvoir d'assimilation, vont avoir un rôle primordial dans notre développement mental et dans nos facultés à appréhender notre vécu.

    Notre sensibilité, notre curiosité, nos questionnements, sont attisés non seulement par notre soif de savoir, mais également par les réflexions et les découvertes des autres.

    L'autre a une grande importance. C'est lui qui nous apprend à apprendre dès notre plus jeune âge. C'est lui qu'on lit un peu plus tard. Et encore plus tard, selon l'indépendance d'esprit que nous aurons acquise, c'est encore de lui que nous voudrons nous approcher ou nous éloigner. Notre pensée plagiera la sienne, la prolongera, la critiquera, la contrariera ou le rejettera.

    Il est évident que le passage de la pensée à l'écrit ou à la parole sera totalement emprunt de la personnalité de l'individu.

    Un Ego débordant aura tendance à étaler sa science, pour épater son entourage, en déversant son savoir sans aucune modération. Un esprit plus réfléchi pourra sembler, pour les non initiés, peu loquace ou hésitant.

    Pourtant, tous auront pensé. Peut être mal ou si peu, peut être brillamment, ce n'est que notre point de vue.

    Peut être auront ils usé de citations. C'est, après tout, une manière détournée d'exprimer ce que l'on ne sait suffisamment expliquer ou ce sur quoi on veut insister. C'est s'aider de la pensée de l'autre, que nous admirons, pour exprimer la sienne.

    Bien sur, trop de citations tuent n'importe quelle intervention, qui n'est plus alors une réflexion personnelle mais un amalgame de pensées des autres. Mais dans le cheminement de pensée de celui qui les choisit, elles auront suscité un si grand plaisir ou une si grande fierté.

    N'est ce pas d'ailleurs penser que de se souvenir de mots et de les associer à un certain contexte de questionnement?

  • il y a 10 ans

    Dans une société ou tout n'est qu'apparence ,il semble que faire illusion ne soit déjà pas si mal , ici plus qu'ailleurs ou d'un seul clic tu peux disparaître et nul ne se souviendra de toi . N'est ce pas magique comme un tour d'illusionniste ?

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  • il y a 10 ans

    En fait, tu veux faire la différence entre le savoir et l'intelligence en quelque sorte. Être savant ne veut pas dire qu'on est capable d'inventer ou de déduire de nouvelles choses.

    Si tu déduis quelque chose de neuf, c'est bien que tu as pensé. Mais déduit-on tous un jour quelque chose ?

    Par ailleurs, la mémoire est fluctuante. Nos souvenirs ne sont pas exacts donc nous réinventons beaucoup de choses et il est assez logique de penser que les reconstructions que nous faisons sont une forme de penser.

  • Anonyme
    il y a 10 ans

    Non, c'est l'inverse : si on ne cite personne, cela signifie qu'on ne s'est jamais intéressé au sujet, puisqu'on ne rappelle pas les bases sur lesquelles on s'appuie sans avoir à réinventer l'eau tiède chaque fois qu'on ouvre la bouche ou qu'on utilise le clavier.

    N'oublie pas que tout mot est déjà un raccourci de pensée, tout comme une citation. Ne rien citer permettant d'alléger son discours à signification égale, ce serait exactement comme remplacer, dans chaque phrase, chaque mot par sa définition. Le sens serait en théorie inchangé. La phrase, en revanche, deviendrait dans la plupart des cas parfaitement obscure.

    Montaigne ne cesse de citer ceux qui ont pensé avant lui pour ne pas avoir à réinventer ce qui a déjà été dit, et parfois mieux, par d'autres. Il y a souvent 3 citations par pages, dans une oeuvre qui a beaucoup de pages. C'est ce qui en fait un auteur clair et apprécié. Sans compter que c'est grâce à lui qu'on peut avoir envie de découvrir Diogène Laërce si on n'en avait jamais entendu parler. Ce qui était mon cas.

    "Le lion est fait de mouton assimilé", comme le rappelle Valéry (tiens ! je viens de faire une citation !). Ceux qui objectent aux citations sont souvent justement ceux qui croient que ce n'est que du NON assimilé que l'on vomit sans l'avoir compris ni rattaché à d'autres connaissances, parce qu'eux sont comme ça et veulent imaginer tout le monde comme eux. Eh bien non ! et ça, c'est de moi. :-(

  • il y a 10 ans

    D'autres y ont pensé avant toi...mais bon ou peut encore s'y mettre à plusieurs..!

    http://fr.answers.yahoo.com/question/index;_ylt=Av...

    Et si "soi-même" ne pensait pas..?..ça me diras tu, il fallait y penser.!.et si dans sa grande délicatesse complaisante "soi-même" nous laissait penser à sa place pour s'effacer humblement au point de l'oublier..."être soi-même" serait ne plus penser en terme dualiste, ce qui reviendrait à ne plus discriminer et en quelque sorte, à ne plus penser ...à ne faire que voir."objectivement"..se serait être "autre"...une folie socialement catastrophique...

    Penser par soi-même c'est voir cette référence à soi apparaître, s'évanouir et disparaître comme un mirage..

    "soi même" n'existe pas et Caprine à raison "sans les autres ( et sans le tout ) on existe pas .....séparé..

  • il y a 3 ans

    Oui pour celui qui ne sait argumenter sans citer les words complètes des philosophes à tout bout de champs (au risque de leur faire endosser des pensées qui ne leur conviennent guère) Oui pour celui qui ne sait garder son libre arbitre. l. a. philosophie doit pouvoir te donner les outils permettant de construire toi-même tes raisonnements, dans des concepts que tu dois créer et adapter aux questionnements qui te sont posés à toi à ce 2nd, et non à des hommes du passé, qui ont conceptualisé dans leur temps d'existence.

  • il y a 10 ans

    D'Henri Michaux, dans ses:

    Passages:

    " Quand les autos penseront, les Rolls-Royce seront plus angoissées que les taxis."

    ( Henri sait plaisanter, ne sait-il pas?...)

  • il y a 10 ans

    Je ne sais pas, mais c'est la diversité culturelle qui permet les corrélations, les différenciations, l'analyse et les synthèses personnelles.

    Pour moi, c'est la diversité culturelle (et la pluralité des concepts), et ce qu'elle favorise, la curiosité intellectuelle, les connaissances diverses... qui permettraient le choix et la liberté de penser "par nous-mêmes".

    Source(s) : inspiration Annah Arendt... mais c'est mon choix !
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