D’où vient cette idée que l’enfant « doit » se sevrer lui-même de l’allaitement maternel?

Je repose ma question d'hier, car elle est n'est pas passée. Désolée pour ceux qui l'avaient vue via mon autre question...

Bonjour à tous et toutes.

Je suis avec attention les divers échanges sur ce site. J’ai lu plusieurs fois que des mères attendaient que leur enfant décide de lui-même d’arrêter l’allaitement. Sans remettre en cause l’allaitement long (ni savoir si vous être pour ou contre, dédicace à @Mariecat ^^), quelle est l’origine de ce sevrage dit naturel ? Est-ce si naturel que ça de laisser à l’enfant le soin de se sevrer lui-même ? D’où vient cette pratique ? Les mammifères que nous sommes sont, par nature, des mammifères allaitant longtemps, là n’est pas le problème. Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi il serait naturel, donc conforme à la nature, de laisser l’enfant choisir lui-même de se sevrer. Est-ce qu’un autre mammifère proche de nous pratique cela de manière non-anecdotique, tel le bonobo ou autres grands singes, quitte à ce que ça dure plus longtemps que la moyenne ? Et jusqu’à quel point peut-on dire qu’il est "naturel" de ne pas sevrer un enfant qui n’en a pas envie ? Dans des reportages assez extrêmes, on peut observer des enfants qui continuent de prendre le sein à 6 ou 7 voire 8 ans. Qu’est-ce qui est à l’origine de la pensée « j’attends qu’il veuille arrêter, je n’impose rien » ? Est-ce réellement instinctif, conforme à l’espèce humaine, « naturel » en somme ?

J’ai fait quelques recherches sur Internet comme toujours avant de poser une question. J’ai trouvé des articles intéressants. Si l’allaitement long y est « encouragé », la question du sevrage naturel laisse encore perplexe, en gros personne n’a la réponse. Un âge tente d’être défini en comparaison avec les singes, on arrive à la fourchette de 2 à 7 ans selon les critères. Pour conclure que nous ne sommes pas des singes non plus, et que même si on ne sait pas vraiment ce qui est à l’origine du « je laisse l’enfant décider », ce n’est pas important. Sauf que moi je m’interroge ^^ Sans rien critiquer bien sûr, je n'ai pas de vision négative de l'allaitement long.

Mamans qui avez attendu le sevrage naturel, ou qui souhaitez le faire, mamans ou futures mamans qui avez une idée de réponse… Je vous écoute ;) Qu’est-ce qui a motivé votre choix ? Avec vos mots à vous, votre ressenti, etc. Les articles, je peux les trouver sur Internet. C’est votre motivation au sevrage naturel qui m’intéresse, votre expérience, vos observations.

Merci à toutes ! Et bonne journée.

Mise à jour:

@ Laurette : il me semble justement que c'est la vache elle-même qui met fin à l'allaitement (je parle là du sevrage naturel où l'homme n'intervient pas, soit au bout de 10 à 12 mois) http://www.agrireseau.qc.ca/bovinsboucherie/Docume... (§2)

Cela dit je peux me tromper.

Mise à jour 2:

Bon je vais au boulot, mais c'est sûr cette fois : ma question est passée ;) A ce soir pour les réponses.

Mise à jour 3:

Merci à vous, vous êtes super. Je vais avoir du aml à choisir une MR. Merci d'avoir pris du temps à rédiger vos réponses...

12 réponses

Évaluation
  • Anonyme
    il y a 1 décennie
    Réponse favorite

    Comme je te le disais hier, ça ne nécessite pas une réponse en deux lignes mais en attendant que j'arrive à dégager un peu de temps, je pense que ce lien est fort intéressant & permettra de ne pas s'enfoncer dans les idées reçues :

    http://assoc.ipa.free.fr/ethnologie/singe.htm

    Voici ce que j'ai trouvé au point de vue ethnique :

    "Dans toutes les sociétés humaines sauf la société occidentale moderne, on retrouve une durée d'allaitement d'au moins deux ans. Cette durée est notamment recommandée dans le Coran et le Talmud. Dans les sociétés traditionnelles, la durée de deux ans est elle aussi très fréquente, comme par exemple chez les Aborigènes d'Australie, au Pakistan, en Inde, au Maghreb, en Asie et dans la plupart des régions africaines. Ailleurs cette durée peut être plus importante, comme chez les Inuits, par exemple, où l'allaitement moyen est de 7 ans."

    Mais bon, tout ça reste théorique & je crois que finalement, c'est une aventure toute personnelle. Dès le début de ma grossesse, j'étais décidée à essayer d'allaiter. & contrairement à ce que disent les maman-biberons, la pression a commencé dès ce moment. Je me suis documentée (pas suffisamment contrairement à ce que je croyais). Au départ, je me suis dit, on fait 6 mois puisqu'après il y a la diversification (je suis fille unique & n'ai jamais eu vraiment de bébé dans mon entourage). En effet, j'ai été biberonné puis sevrée à 3 mois pour passer aux potages de légumes, car après plusieurs épisodes de faux-croup (j'ai été dosée à la cortisone), j'étais devenue intolérante au lait. Enfin bref, il y a 30 ans, ma mère a écouté les toubibs sans chercher à comprendre & au final, ils m'ont bousillé la santé. Du coup, je pensais qu'à 6 mois, un bébé n'avait vraiment plus besoin de lait.

    Même si mon allaitement a mal démarré, j'étais convaincue que je devais m'accrocher pour donner le meilleur à ma fille. Donc à l'abord de la diversification, quand le doc m'a dit que ce serait mieux de passer au biberon pour que ma fille fasse ses nuits, j'ai trouvé débile d'arrêter ce qui commençait à enfin devenir un moment agréable.

    Oui, il y a eu des moments où j'en avais marre d'avoir ma fille pendue au sein, où j'avais l'impression d'étouffer, où j'avais un mal fou à accepter ce que la nature nous a donné.

    Pour mon entourage, depuis toute jeune, je suis l'intello. Tout passe par le cerveau & j'ai beaucoup maltraité mon corps car je le refusais. J'étais totalement sous l'influence de cette vision de l'homme supérieur à l'animal, mais ma grossesse a commencé à me faire douter & l'allaitement m'a confirmée que l'équilibre ne se trouve pas en reniant notre part d'animalité.

    Alors, à 6 mois, je me suis dit que vue ce que nous avions traversée, je pouvais continuer au moins 6 mois.

    & puis, petit à petit, l'idée d'essayer de "tenir le coup" jusqu'au sevrage naturel a commencé à trottiner dans ma tête même si à 8 mois, j'ai un peu mis la pression pour aider ma fille à cesser de téter la nuit. Je sentais que physiquement, je ne tiendrai pas plus longtemps.

    Mais, j'avais envie d'essayer. Du coup, j'en ai parlé avec AntigX & j'ai décidé de viser les 2 ans d'allaitement en m'autorisant un bilan à 18 mois (voir si je m'y contraignais ou si ça continuait à être un rituel devenu naturel pour moi).

    Au final, à 13 mois & 1 semaine, Poupette n'a plus voulu du sein.

    Je l'ai bien vécu car ça me permettait de reprendre une vie un peu plus "cool" & puis, j'étais fière que ma fille prenne son indépendance d'elle-même.

    Des quelques femmes avec qui j'ai discuté sur le sevrage naturel, ce n'est pas un calcul prémédité des primipares (nous avons trop perdu le côté ancestral de l'allaitement pour pouvoir l'imaginer concrètement, il me semble).

    Si j'ai un autre enfant un jour, j'aimerai aussi lui offrir la possibilité d'un sevrage naturel ... mais maintenant, je sais ce que ça implique ^^

    Enfin voilà, c'est ma vision personnelle qui vaut ce qu'elle vaut & je ne sais pas si ça répond vraiment à ta question.

    Avant de valider, je veux te remercier pour cette question que je trouve très enrichissante & j'espère que tu auras d'autres réponses que je prendrai plaisir à lire.

    Bizzzzzzzzz

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  • il y a 1 décennie

    je ne sais pas mais moi j'aimerai bien savoir pour le sevrage de l'alcool

    Source(s) : ben quoi?
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  • il y a 1 décennie

    Je ne suis pas une spécialiste, mais je rebondis juste sur la comparaison avec d'autres mammifères...

    La plupart du temps les mammifères ne prennent pas la pilule et ne régulent pas les naissances, ce qui fait qu'un petit aux mammelles chasse bien souvent l'autre... d'une année sur l'autre ou au pire tous les deux ans (c'était aussi le cas chez l'homme à l'origine). Le sevrage se fait donc ainsi plus ou moins naturellement, mais certainement pas au bout de 8 ans !! Je n'ai jamais vu un cheval de plus d'un an ou un chat adulte ou adolescent continuer à téter sa mère.

    Evidemment l'échelle de temps n'est pas la même (enfin, il faudrait comparer plutôt avec les éléphants).

    Et je ne crois pas que chez les animaux ce soit le petit qui décide, mais bien la mère qui finit par refuser les mammelles à son petit en âge de manger.

    Mais la comparaison s'arrête là, nous avons trop évolué pour nous comparer encore systématiquement aux autres animaux.

    Autre élément, l'introduction des dents. A mon avis, si le petit d'homme nait sans dents, c'est d'une part qu'il peut s'en passer car il n'a pas de prédateur, d'autre part pour faciliter l'allaitement. Une fois les dents apparues on peut s'interroger sur la poursuite de l'allaitement (mais l'âge de l'apparition des dents est très variée).

    Source(s) : Ces réflexions sont purement personnelles et n'ont aucune valeur scientifique...
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  • il y a 1 décennie

    Il me semblait aussi que les autres mammifères repoussent leurs petits quand çà dure trop longtemps dans la mesure où les autres mammifères deviennent adultes plus vite et où justement il faut absolument qu'ils apprennent à se nourir seul vite, je ne sais pas si c'est une si bonne comparaison.

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  • il y a 1 décennie

    dans la nature la mère donne du lait pour son enfant, la maman vache pour son veau jusqu'à que son veau arrête tout seul et ca je ne sais pas a quel âge.

    donc logiquement, nous on est sensé donné le sein a notre enfant jusqu a ce qu il n ai plus besoin de lait, logiquement on ne devrait pas boire de lait de vache, a l origine, ce lait est fait pour le veau et pas pour nous....

    comment ils faisaient "à l époque"????

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  • il y a 1 décennie

    La difficulté vient du fait qu'il y a plusieurs définitions au mot "naturel".

    Il y en a plein, alors je ne vais pas recopier le dictionnaire, mais je t'en mets 2 qui concernent ta question :

    --qui appartient aux lois qui paraissent maintenir l'ordre des choses ==>programmé par la nature (il est naturel que le mouton soit herbivore)

    --qui n'est pas dû au travail de l'homme ==>par opposition à artificiel (une mort naturelle)

    Je ne crois pas qu'il existe encore un sevrage naturel dans le sens "programmé par la nature". Il existait certainement dans des temps reculés, mais tout ça a été boulversé depuis longtemps, dès que les hommes ont commencé à agir sur leur environnement en passant de nomades chasseurs-cueilleurs à sédentaires agriculteurs-éleveurs. Étant donné qu'ils ne se contentaient plus de "subir" la nature comme les autres animaux, l'âge du sevrage a pu être modifié et s'adapter selon l'environnement dans lequel les enfants évoluaient, il a donc cessé d'être "naturel". Les enfants étant assurés de trouver des solides leur apportant tous les nutriments nécessaires tous les jours, ils ont pu, ou on a pu les sevrer plus tôt que ce que la nature avait programmé à l'origine.

    Par contre, on peut parler de sevrage naturel, différent de sevrage artificiel.

    Sevrage décidé uniquement par l'enfant contre sevrage imposé par d'autres.

    Sevrage respectant le rythme et les besoins de l'enfant.

    Pour la comparaison avec les autres animaux, Siam a donné un début de réponse intéressant.

    Dans la nature, une mère sèvre son petit pour laisser la place à un autre, de la même façon qu'elle n'a des rapports sexuels que pour procréer. Ce n'est plus le cas chez les hommes.

    J'ajouterai aussi qu'une fois sevrés, les petits sont tous indépendants et n'ont plus besoin de leur mère pour survivre. Une jeune biche moins d'1 an sait parfaitement se débrouiller seule dans la forêt, alors qu'un enfant humain, même âgé de 5 ans ne survivrait pas longtemps...

    L'homme est vraiment une exception dans la nature.

    Sinon, mon histoire à moi, ou plutôt notre histoire à nous...

    Avant même d'être enceinte, j'ai toujours voulu allaiter mes enfants. C'était une évidence.

    Par contre, je n'avais jamais pensé au sevrage qu'il soit artificiel ou naturel. Je ne m'étais pas fixé de limites, on verrait bien en temps voulu. Une chose est sûre, je ne me voyais pas allaiter encore un "grand" de 1 an, alors un enfant encore plus âgé...

    Bébé est arrivé, et notre première semaine a été particulièrement difficile. Je t'épargne les détails, mais c'est ensuite tout un état d'esprit qui s'est mis en place avec pour crédo de désormais respecter uniquement ce que nous dictait nos instincts. J'ai pris au dernier moment un congé parental de 6 mois alors que je ne l'avais pas envisagé. Comme je le pouvais, j'ai choisi de respecter les rythmes de ma fille en la laissant téter à la demande, en la laissant dormir où et quand elle voulait, en lui laissant choisir le moment de la diversification, etc...

    Aujourd'hui, le sevrage naturel me semble être la continuité logique de tout ceci, bien que je ne m'imagine pas lui donner encore le sein à 3 ans, mais d'ici là...

    Si elle tète, c'est qu'elle en a encore besoin.

    -->Besoin de lait, comme tous les enfants, et vu que le mien sera toujours le meilleur qu'elle aura jamais...

    -->Besoin de sécurité et d'affection : elle n'a pas de doudou ni de tétine (qui ne sont que des substituts de maman quand on y pense).

    Pourquoi est-ce que je ne répondrais plus à ses besoins alors que je le peux et que cela ne me dérange absolument pas?

    Elle arrêtera quand elle sera prête, je lui aurai laissé suivre son rythme, comme je l'ai toujours fait.

    Bien sûr, je dis ça aujourd'hui alors que mon bébé a 11 mois. Peut-être que dans quelques semaines, je n'aurai plus envie de l'allaiter, que ce plaisir ce sera transformé en corvée, mais j'en doute. Dans ce cas, je l'aiderai à se sevrer tranquillement en "oubliant" de plus en plus souvent de lui proposer la tétée, ce ne sera donc pas un sevrage "naturel".

    Enfin, tout est une question de choix et de ressenti.

    Peut-être n'aurions nous pas fait les mêmes choix si la 1ère semaine de vie avait été différente, mais aujourd'hui, on ne regrette rien et on est conforté dans le bien fondé de nos décisions : elle a fait ses nuits à 3 semaines (même si ce n'était pas la nuit), elle mange de tout avec appétit et envie, elle est très sociable, elle a confiance en elle et est très curieuse et éveillée.

    Peut-être aurait-elle évolué dans le même sens si on avait procédé différemment, mais bon, on ne le saura jamais...

    J'espère avoir répondu en partie à ta question vraiment intéressante..

    J'aurais encore tellement de choses à dire, mais je laisse un peu la place à d'autres.

    Je rebondirai éventuellement sur leurs réponses.

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  • il y a 1 décennie

    le mien n'a plus voulu du sein à 4mois....je l'ai pas mal pris...bien au contraire...j'avais moins de lait...retour de couche...et il a refusé le sein du jour au lendemain....

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  • il y a 1 décennie

    ça c'est vraiment une question difficile car la réponse va varier énormément en fonction du vécu de chacune.

    personnellement j'aurai tendance à penser qu'il n'existe plus depuis longtemps sauf dans quelques tribues vivant de façon primitive.

    mais du moment où la société humaine est organisée de façon à ce que l'homme ne cherche plus sa nourriture (du moins qu'il ne passe pas régulièrement plusieurs jours sans en trouver), il n'y a plus sevrage naturel car on peut nourrir le bébé autrement qu'au lait maternel (y compris lait de vache ce qui se fait depuis très longtemps, comment croyiez vous qu'étaient nourris les enfants des nourrices des petits nobles???) sinon pour celles qui disent qu'un enfant chassait l'autre, si c'est vrai chez les mamifères, ce n'est pas forcément vrai chez l'homme où il arrive qu'une mère (ou une nourrice) aie des enfants d'âge différent au sein.

    d'ailleur, en fait, c'est déjà le terme sevrage qui me choque parce que cela se dit pour toutes les prises d'addictifs, est-ce à dire que le lait maternel serait la drogue de nos enfants???

    bon et pour finir avec ta question, je pense personnellement que le sevrage naturel, c'est celui qui est bien vécu par l'enfant et sa mère, celui qui ne pose pas de problème. dans un sens, mon ainée s'est sevrée "naturellement" à 4 mois quand j'ai repris le travail : elle a refusé de prendre le sein et le bib en même temps surtout qu'elle devait sans doute considérer le bib comme plus "naturel" que le sein (vu qu'elle a été allaitée au bib de lait maternel son premier mois de vie).

    et pour l'instant, la deuxième 8 mois ne semble pas prête du tout à lacher le sein de maman (même si elle adore les légumes et les fruits). on verra si elle arrête d'elle même ou si je dois l'y encourager pour la reprise du boulot en septembre (elle aura 1 an et j'aurai beaucoup de choses à assurer entre la reprise du boulot, l'entrée à l'école de la grande, etc... pas sure de vouloir continuer, on verra à ce moment là).

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  • il y a 1 décennie

    ça fait 15 fois que je commence ma phrase et je ne parviens pas a exliquer ce que je veux dire!!!!

    je vais attendre que bébé cesse de prendre le sein parce que je pense que si il le réclame c'est qu'il en a besoin, et je pense aussi que si cela dure plus ou moins c'est aussi suivant les besoins de la maman, une maman qui veut allaiter longtemps c'est qu'elle en a besoin tout comme son bébé!

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  • Mag
    Lv 6
    il y a 1 décennie

    Lady Lullaby a parlé des textes religieux. Je me suis penchée aussi sur cette question. Justement parce que le Coran recommande un allaitement de 2 ans. Avec mon mari, on était divergeant sur le sujet. Lui disait de stopper à 2 ans, ni plus ni moins et moi, je lui disais que ça ne pouvait pas se faire brutalement du jour au lendemain. J'en suis arrivée à la conclusion que le sevrage doit se faire en symbiose entre la mère et son enfant sans influence extérieure et donc de façon instinctive. Je dirais donc 2 ans plus ou moins, c'est selon. Parce qu'il y a des bébés qui se détournent du sein, comme l'a dit G6k au bout de 4 mois et d'autres qui vont s'en détourner à 2 ans voire 3 ans.

    J'ai des chattes qui vivent en liberté dans mon jardin. Elles font des petits et je les observe. Il y en a deux qui m'ont interpellée. L'une a abandonné ses petits au bout de 15 jours, alors qu'on dit que les châtons sont sevrés au bout de 2 mois et elle a laissé mourir sa deuxième portée cet hiver, les 5 châtons sont morts. L'autre a sevré ses bébés au bout de 5 mois. Et oui, 5 mois, on peut se dire que ce n'est pas la norme chez les chats et pourtant, ils venaient téter encore régulièrement et elle n'a pas eu d'autres châtons depuis, mais elle est encore très fusionnelle avec ses deux enfants (un matou et une femelle) pourtant devenus adultes et elle ne les quitte jamais, alors que l'autre est très indépendante vis à vis des chats de sa première portée. Et elle vient d'avoir encore des petits, c'est sa troisième portée alors que l'autre n'a eu qu'une portée.

    L'histoire de ces deux minettes est assez particulière. Je les ai trouvées dans mon jardin alors qu'elles n'avaient pas encore deux mois, leur mère les avait apparemment abandonnées. Je les ai recueillies et je les ai nourries jusqu'à ce qu'elle sache se débrouiller seule.

    Celle qui a sevré très tôt ses petits leur donnait des coups de pattes. Et cet hiver, c'était horrible parce que les 5 châtons réclamaient à manger et elle refusait de leur donner. Elle s'éloignait d'eux et on n'a rien pu faire. Ils ont fini par mourir.

    Le souci que l'on a nous, c'est que l'instinct est parasité par les médias, les qu'en dira-ton, les a priori, les idées préconçues. Je pense qu'on doit écouter davantage notre instinct, c'est ce que j'ai essayé de faire le plus possible durant ma grossesse et je pense que je vais agir comme cela aussi pour l'allaitement sans mettre de barrières, sans mettre de pressions. Je pars du principe qu'un allaitement dure en moyenne deux ans, mais que je ne sais pas d'avance combien mon allaitement va durer (1 mois, 6 mois, 12 mois, 3 ans voire plus). La fourchette doit rester large. Parce que ce rapport qu'entretient une mère et son enfant est unique, cela détermine les rapports que j'aurais avec ma fille durant toute ma vie. Il se peut que notre relation soit fusionnelle, comme il se peut qu'elle soit aux antipodes, mais ça je ne peux pas le savoir d'avance.

    Je pense qu'il ne faut pas le vivre sous la contrainte et laisser faire naturellement les choses sans se forcer d'un côté comme d'un autre sans se comparer avec d'autres femmes, parce que ce n'est ni une compétition, ni un défit à relever. C'est juste une mère et son enfant qui entretiennent des relations qui leur sont propres et personne ne peut ni juger ni intervenir dans ce processus.

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