Chouchoudu13 a posé la question dans Arts et sciences humainesPhilosophie · il y a 1 décennie

Etre conscient de soi, est-ce être maître de soi ?

13 réponses

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  • Odette
    Lv 7
    il y a 1 décennie
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    Pour Nietzsche, le fort est celui dont la volonté affirme sa puissance. Il veut créer, donner. L'homme bon, c'est l'homme fort non au sens politique mais au sens métaphysique et moral. Se sentir petit et faible, c'est le mal. La puissance de la volonté est un signe de moralité.

    La moralité est maîtrise de soi (là est le véritable ascétisme par opposition à l'ascétisme nihiliste qui vise à la mortification). Il ne faut pas faire des autres des esclaves mais se maîtriser soi-même. Le texte des " Trois métamorphoses " dans Ainsi parlait Zarathoustra peut ici nous éclairer. L'homme doit passer par trois étapes :

    * Il sera d'abord chameau. Le chameau est la bête de somme qui porte, transporte. Il symbolise celui qui porte les valeurs. Sa devise est " tu dois donc tu peux " (référence à Kant). Il veut s'humilier pour faire mal à son orgueil. Le chameau se hâte dans le désert. Il dit "oui" mais il s'agit d'un "oui" d'obéissance au devoir sans ivresse. C'est l'image de l'esclave, du besogneux.

    * Le chameau doit devenir ensuite lion. Le lion est l'image de la révolte contre les valeurs traditionnelles. Il dit "non". Il symbolise le renversement des valeurs. Il veut être l'ennemi des dieux.

    * Le lion devient enfin enfant. L'enfant dit "oui" mais il ne s'agit plus du "oui" de l'obéissance mais celui de la tranquille affirmation de soi qui a la force du jeu, de l'innocence.

    Le surhomme n'est rien d'autre que ce oui, délivré de tout mauvais négatif. Si on veut le distinguer de l'enfant, on ne pourra le faire qu'en le déterminant comme l'épanouissement de cet enfant : l'innocence créatrice et donatrice à très haut degré.

    La volonté de puissance consiste à créer. Le fort, le véritable héros est l'artiste. C'est le maître, au sens où l'on dit de l'artiste, du créateur qu'il est un maître, au sens aussi où l'on dit être maître de soi. La volonté de puissance est création continue, volonté qui se crée dans la temporalité, qui a besoin du temps pour s'exercer.

    C'est ici qu'intervient le thème de l'éternel retour. L'éternel retour est le sens du surhomme. Le surhomme est celui qui dit oui à l'éternel retour.

    L'éternel retour n'est pas celui des Stoïciens. Nietzsche sait bien que les choses ne se répètent pas cycliquement. Il s'agit d'une formule morale (qu'il substitue à l'impératif kantien) : " Ce que tu veux, veuille-le de telle manière que tu puisses en vouloir le retour éternel ". L'homme supporte la douleur parce qu'il espère la récompense à sa souffrance (morale chrétienne). Mais il ne la supporterait plus s'il fallait toujours recommencer. L'idée du retour éternel élimine le désir de douleur et de négation de soi. Nous sommes prêts à recommencer nos joies et non nos faiblesses.

    L'homme fort est celui qui veut être et qui veut être tour à tour tous les autres. Il dit " Je suis bon parce que j'existe ". Il s'affirme et cette attitude n'a rien à voir avec celle de l'homme faible qui dirait " Je suis bon parce que tu es méchant ". Quand la bonté de la morale traditionnelle est négation, la bonté du maître est positive.

    Nietzsche réhabilite le corps. Le corps est un rapport de forces entre forces dominantes et forces dominées. Les forces dominantes sont les forces actives, les forces dominées sont les forces réactives. Chez le maître, les forces actives (d'action) sont dominantes. Il va jusqu'au bout de son vouloir. Il crée et fait son plaisir de sa création. Les forces réactives, au contraire, sont celles du souvenir, des traces laissées par les événements. Chez le maître, les deux types de force sont en équilibre. Il lui arrive de se souvenir mais sans y attacher de l'importance. " L'oubli est une forme et la manifestation d'une santé robuste ". La mémoire est pour Nietzsche esprit de vengeance. L'historien est le gardien de l'esprit de vengeance. Chez l'esclave, les forces du souvenir prennent le dessus. Au lieu d'agir, il se souvient (culpabilité, remords, ressentiment). Nietzsche refuse la morale du péché. Le péché est le ressentiment, la culpabilité de celui qui ne peut oublier sa faute, la mauvaise conscience qui cache la haine. S'accuser, c'est viser à la vengeance contre soi par autodestruction avec l'idée qu'on ne peut s'en sortir, se racheter que par la douleur du faux ascétisme.

    Source(s) : F.Nietzsche
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  • il y a 1 décennie

    pas du tout!.....la conscience de soi est naturelle, mais la maîtrise de soi est un exercice de longue haleine......peu y parviennent!

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  • il y a 1 décennie

    En corps faut-il l"écouter.

    Souvent on la laisse de coté et on se dit

    J"aurais donc dû !

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  • il y a 1 décennie

    Je ne pense pas, il faudrait déjà définir ce qu'est être conscient de sois et même en l'étant il y aura l'inconscient dont n'ont n'auront jamais vraiment conscience, ni de son contenue bien cacher, ni de l'emprise qu'il a sur nous a notre insu...

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  • il y a 1 décennie

    Et un mètre de soie c'est cocon..!

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  • il y a 1 décennie

    On peut par introspection être conscient de soi, mais cela implique-t-il de posséder la volonté nécessaire pour se contrôler?

    A cette phrase, on peut opposer le terme acrasie, le fait d'agir à l'encontre de son meilleur jugement, assimilé à une faiblesse de la volonté. Les gens qui en sont atteints voient le meilleur et font le pire, et pire encore sont conscients de l'absurdité de leur conduite, mais y persistent, étant trop faibles pour inverser leurs actes.

    Donc c'est FAUX, par contre exemple.

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  • il y a 1 décennie

    non malheuresement , pour etre maitre de soi , je pense qu'il faut bien des années ,

    il faut du temps pour se dompter !

    bizbiz a toi !

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  • il y a 1 décennie

    on peux etre maitre de soi qu'ont on est conscient,comme on ne peux pas l'etre malgrè notre niveaux de conscience

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  • il y a 1 décennie

    Sommes-nous totalement conscients de notre être? Conscient de nos défauts, de nos qualités, de nos sentiments, conscient d'être. Je peux être partiellement maître de mes paroles, maître de mes pensées, mais puis-je être maître de mes désirs, de mes envies. Je ne pense pas. Savoir ce que l'on est capable d'être ou de ne pas être est déjà un magnifique travail en soi.

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  • il y a 1 décennie

    Non, mais c'est la faculté de nous en rendre compte (que nous ne sommes pas toujours maître de soi ;-)....

    Comme la vue est le sens de voir une couleur., la conscience est la faculté d'évaluer son propre état dans le temps et en comparaison de ce qu'il était / devrait être / sera .

    Source(s) : ma conscience
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