Anonyme
Anonyme a posé la question dans Politique et gouvernementGouvernement · il y a 1 décennie

ques pensez vous de cet article??

Reconnaissons un mérite à la droite sarkozyenne : celui de la cohérence. Un jour, emportée par une frénésie dévorante, elle offre aux riches une fiscalité sur mesure, les exonérant du minimum de solidarité qu’ils devaient encore, jusqu’à présent, à la société. Le lendemain elle veut imposer une loi dont l’objectif non avoué est d’empêcher les salariés de se défendre.

Certes ce n’est pas ainsi que le gouvernement et ses soutiens médiatiques présentent le projet de loi examiné au Sénat. La main sur le coeur, ils jurent qu’ils ne veulent en rien s’attaquer au droit de grève. Ils affirment n’être animés que de la volonté de permettre aux usagers des transports en commun de pouvoir circuler les jours de grève.

La ficelle est un peu grosse mais la manoeuvre s’appuie sur les divisions entretenues par la droite, portées à leur paroxysme par Sarkozy durant la campagne électorale, entre le salarié grèviste, qui par définition « défend des intérêts corporatistes », et le passager du RER qui par définition est « pris en otage » par le premier. Il faut faire oublier que dans la plupart des cas, le voyageur du métro parisien ou des trains régionaux est aussi un salarié qui a des raisons d’être mécontent de ses conditions de travail ou de sa fiche de paie. Diviser entre elles les diverses catégories de salariés permet d’affaiblir le monde du travail dans son ensemble.

Au nom du « service minimum » dans les transports, la droite veut multiplier les obstacles à l’exercice du droit de grève. Exiger d’un salarié qu’il se déclare gréviste 48 heures avant le conflit est une atteinte à la liberté individuelle. Au nom de quel principe, une fois que les organisations syndicales ont déposé leur préavis de grève, pourrait-on empêcher un travailleur de prendre sa propre décision jusqu’au dernier moment ? Sauf à vouloir exercer sur lui une pression inacceptable et donner du temps à la direction de prendre les mesures qui limiteront au maximum l’effet de la grève.

Organiser un référendum au bout de huit jours de grève reviendrait à permettre à des salariés, même majoritaires, de priver d’autres travailleurs du droit de grève. On voit ici les manoeuvres auxquelles le patronat ne manquerait pas de se livrer.

Il faudrait être particulièrement naïf pour croire que ces limitations au droit de grève sont destinées à demeurer circoncrites aux transports publics. En l’occurrence le texte qui porte sur les trains et les bus est un cheval de Troie cherchant à s’introduire dans le droit du travail. Dans un premier temps les enseignants sont en ligne de mire des sénateurs de droite. Ils évoquent l’extension du service minimum à l’école sous le couvert de « l’accès au service public d’enseignement les jours d’examen ». Cela peut paraître à premier abord dénué de mauvaises intentions. C’est plus vraisemblablement un alibi pour étendre progressivement la loi à l’école. Avant de la généraliser à toutes les activités professionnelles.

Le danger est réel de voir notre pays reculer sur une question capitale des libertés publiques. Combien de morts ont jonché les pavés des cités ouvrières au 19è siècle, combien de vies ont été fauchées par les balles des lignards avant que le droit de grève fut reconnu, puis inscrit dans la Constitution comme lioberté fondamentale ? On ne touche pas impunément à un tel héritage. Alors la droite avance masquée sous le camouflage du « service minimum » qui existe déjà dans les faits, parle sans vergogne de la continuité du service public, tout en supprimant des dizaines de milliers de postes de fonctionnaires.

Tout se passe comme si le régime politique, dont Sarkozy a dessiné les contours la semaine dernière à Epinal, avait besoin de salariés muselés et de syndicats réduits à l’impuissance. Mais la messe n’est pas dite.

24 réponses

Évaluation
  • il y a 1 décennie
    Meilleure réponse

    Ha ha Mounette inutile de signaler que vous êtes sarkozyste : vous avouez vous même que vous n'aimez pas lire, trop long, trop compliqué, c'est comme réfléchir. Vous avez raison il vaut mieux boire les "vérités" de notre cher président. Bien heureux est l'ignorant qui ne sait même pas qu'il ignore tout ! Vous êtes l'illustration même du crétinisme qui anime la population qui s'abreuve chez TF1. Mounette vous me faites un bien fou tout en me désolant !

    En ce qui concerne l'éducation nationale, entre suppressions de postes et embauche de vacataires déplaçables et corvéables à merci les gouvernements de droite mettent en place un service minimum de l'éducation PERMANENT. C'est ainsi qu'on se retrouve avec des Mounette... Quel monde merveilleux ! Chaque année le nombre de lits dans l'hôpital public diminue, les non-remboursements, l'accroissement des coûts des soins font que les gens ne se soignent qu'en cas d'absolue nécessité et les urgences se retrouvent submergées de gens qui auraient du voir un médecin bien avant pour être soignés correctement. J'espère que vous êtes friquée Mounette, ou à défaut que vous êtes en bonne santé...

    Pour finir, alors que Mounette et ses amis les être unicellulaires, ont cessé de me lire (trop long, trop compliqué, pis y'a les feux de l'amour ou secret story alors...) je vais vous raconter une petite histoire :

    Je travaille dans un établissement public chargé, entre autres, de la maintenance d'une infrastructure de transports. Pour cela l'établissement a défini un "niveau de service" à maintenir, ainsi le nombre d'agents techniques nécessaires à la tenue de ce niveau de service a été décidé. L'état, par le biais du ministère de tutelle de l'établissement n'a accordé que la moitié des postes nécessaires... Je ne sais pas si ces agents gagneront plus, mais ils seront forcés de travailler deux fois plus, et je ne sais pas si le niveau de service qu'a fixé l'établissement sera atteint... Mais les agents (qui pourtant se lèvent tôt eux aussi, payent des impôts eux aussi, ont une vie en dehors de leur boulot, tout comme vous les travailleurs sarkozystes !) ne sont à vos yeux que des nantis syndicalistes qui ne sont là que pour vous empêcher d'aller bosser, on se demande qui porte des oeillères.... En attendant on continuera de râler parce qu'il y a des problèmes techniques sur le réseau, qu'on manque d'informations et d'interlocuteurs, vous ne trouvez pas ça paradoxal ? (Pour Mounette si elle a lu jusque là : Paradoxal : (adj.) qui est contraire à la normale).

    La vérité est que tous les salariés sont dans la même m****, croire que l'on vaut mieux que les autres, s'opposer aux autres salariés aussi sous-payés que nous, c'est faire le jeu des politiques de droite : tout pour les riches et leur fric, pour eux quoi... Pendant qu'on se tape dessus on laisse passer des lois aberrantes. Mais patience, votre tour viendra...

  • Anonyme
    il y a 1 décennie

    "Alors la droite avance masquée sous le camouflage du « service minimum » qui existe déjà dans les faits, parle sans vergogne de la continuité du service public, tout en supprimant des dizaines de milliers de postes de fonctionnaires.

    Tout se passe comme si le régime politique, dont Sarkozy a dessiné les contours la semaine dernière à Epinal, avait besoin de salariés muselés et de syndicats réduits à l’impuissance. Mais la messe n’est pas dite."

    Pour cette pauvrette de Mounette qui a trouvé ce texte "trop long à lire", j'ai extrait la substantifique moëlle.

    Trop long à lire ? Mais alors le programme de Sarkozy, c'était plus court ? Vrai car c'est "tout pour les riches, les autres peuvent crever". Joli programme n'est-il pas ?

  • il y a 1 décennie

    @mounette et Tigrepg : encore une démonstration que lire c'est trop difficile pour les gens de droite; ils sont plutot habitués à ce qu'on leur mache deja le boulot.

  • il y a 1 décennie

    @mounette : tu ne leur fais pas une bonne pub, aux $arkozystes, là! C'est même plutôt le contraire!!!

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  • il y a 1 décennie

    C'est très juste.

    @ Shagya: si tu as lu que les fonctionnaires grévistes sont tjs payés, tu as été très mal informé: ça fait des années que ce n'est plus le cas: va chercher tes infos hors de la propagande UMP-FN, ça t'ouvrirait l'esprit!

  • il y a 1 décennie

    "entre le salarié grèviste, qui par définition « défend des intérêts corporatistes », et le passager du RER qui par définition est « pris en otage » par le premier"

    Et ces divisions sous entendent donc que le passager du RER ne peut plus se passer du transport en commun. Si je suis d'accord sur le fait que la ratp abuse au niveau tarif (je passe sur paris deux fois à l'année, et à chaque fois le prix a augmenté), le salaire des employés n'augmente surement pas deux fois à l'année, et je suppose que la direction, si elle pouvait se passer d'investir dans l'entretien, se sentirait beaucoup mieux.

    Comme la politiqe du gouvernement est orientée pour satisfaire les besoins des directions de sociétés, il semble logique de s'attendre à des problèmes d'entretien dans le transport en commun.

    Les salariés ne pourront plus faire grève, donc ne prendront pas les malheureux passagers en otage, mais il y aura régulièrement des pannes. Le malheureux passager sera de nouveau prit en otage, par les infrastructures ! Et plus souvent que lors des grèves passées !

    Que fera le gouvernement ?

    Et puis, les entreprises de service public pompent les revenus des bons français, avec les impôts. Une bonne nouvelle, bien qu'il y aura plus de pannes, au moins les usagers ne fourniront plus de leur poche l'argent ne´cessaire au bon fonctionnement des inrastructures.

    C'est le double discours du gouvernement : on coupe un maximum les vivres du service public, et derriere s'il y a des problemes alors au moins on aura la satisfaction de ne pas leur avoir filer d'argent.

    Mais si on paie nos impôts, il y a moins de risque qu'il y ait des problèmes, non ?

    @guillaume: es tu en train de sous entendre que la liberté c'est une connerie ? ok là on touche le fond...

  • il y a 1 décennie

    "elle offre aux riches une fiscalité sur mesure, les exonérant du minimum de solidarité qu’ils devaient encore, jusqu’à présent, à la société." (sic!)

    .....................................

  • il y a 1 décennie

    analyse très complète et très juste de ce qui se passe actuellement , merci beaucoup

    Source(s) : le matou d'internet
  • il y a 1 décennie

    C'est exactement la différence entre les discourts et le but réel recherché.

    On a toujours une France solidaire, mais la solidarité a changée: c'est tous pour peu!

    Gare à la prise de conscience des français!!!

  • il y a 1 décennie

    j'aime !!! au moins quelqu'un de lucide, par contre dans le dernier paragraphe il ne fallait pas dire : "... comme si.....;" la chose est évidente," c'est" , on veut museler les travailleurs, emprisonner les jeunes, nous sommes revenus aux moments les plus détestables de notre histoire sociale, comme "tu" ecris : "la messe n'est pas dite" et j'espère que les jeunes vont se réveiller !!!! une erreur, on peut discuter, 2 c'est de la trahison. La droite et ses sbires n'ont jamais été et par essence ne seront jamais les alliés des travailleurs, ils pensent avant tout à leurs profits personnels. exemple parachutes super dorés, mais où trouvent-ils les sous ???? Allez bonne journée Eveline

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