Anonyme
Anonyme a posé la question dans Societé et cultureReligions et spiritualité · il y a 1 décennie

L'islam demande-t-il à l'homme de frapper sa femme ? Cela est-il permis par le Coran ?

"Il ne suffit pas de citer un passage du Coran pour avoir tout démontré, définitivement. Car il faut également savoir comment le texte en question s'insère dans la Révélation et dans son histoire. (...)

En effet, le Coran a été révélé sur vingt-trois années, il y a eu la période mecquoise et la période médinoise, certains versets répondent à des événements circonstanciés, tel verset précède tel autre, certaines interdictions ont été révélées par étapes (le vin, ou ar-ribâ par exemple), enfin, l'absolu du message révélé est sujet à une interprétation tenant compte du moment historique – et donc relatif – que lui donne le sens. (...)

C'est en gardant ces considérations en mémoire que l'on peut aborder la question qui nous occupe ici. En effet, la question qui a trait à la femme en islam nécessite une lecture du Coran forcément précise, méticuleuse et pointue.

La société des Arabes de la Mecque était patriarcale. La femme était peu considérée et n'avais pas, à proprement parler, de véritable statut social. (...) Pendant de nombreuses années [quand le Prophète vit à la Mecque], les révélations vont se succéder pour faire mûrir les croyants et leur permettre, chaque jour davantage, de se distancer, de "s'arracher" pourrait-on dire, de leurs anciennes habitudes, de leurs anciens réflexes. (...) Par la Révélation et par l'exemple du Prophète, les premiers musulmans apprenaient à se réformer.

Bientôt, avec l'Hégire [l'émigration de la Mecque à Médine], ils allaient franchir une étape décisive dans leur éducation religieuse. (...)

La société de Médine est tout à fait différente de celle de la Mecque. La femme a un rôle social bien plus important et certains clans sont organisés selon les principes du matriarcat. Très vite, les nouveaux émigrés [d'origine mecquoise] vont être troublés par les façons de faire des femmes Ansâr (femme de Médine). Présentes dans la vie publique, elles s'affirment nettement dans l'espace privé. Omar ibn al-Khattâb (qui sera plus tard le second calife de Muhammad) affirma qu'avant l'hégire "nous nous imposions à nos femmes, mais lorsque nous nous sommes rendus chez les Ansâr où les femmes s'imposent dans leur clan, nos femmes commencèrent à prendre les habitudes des femmes ansârites" (Al-Bukhârî, Muslim) (...).

Ainsi, la vie à Médine allait être une seconde étape décisive dans l"'affirmation du statut des femmes dans la société islamique. (...) La révélation de la sourate Les femmes va déterminer quelques-uns des droits intangibles de la femme. De façon claire, et après que lui fut reconnu un statut identique à l'homme sur le plan religieux, elle trouve là la formulation claire de sa personnalité juridique sur le plan familial et social. On perçoit dès lors que le Coran a mené l'homme à comprendre tout à la fois l'égalité fondamentale et la complémentarité nécessaire de la l'homme et de la femme.

(...) Il a fallu de nombreuses années pour réformer les coutumes de l'époque. A la Mecque surtout, mais à Médine également, il restait un nombre considérable de femmes maltraitées. Après être intervenu contre le meurtre des filles, le Coran détermine le mode de conduite des hommes s'il devait se trouver que leur femme les néglige ou les trahisse : "Quant à celles dont vous redoutez (savez) la négligence (la trahison, la rébellion), exhortez-les, éloignez-les alors dans le lit et frappez-les..." (Coran 4/34)

Beaucoup ont vu dans ce verset la preuve que l'homme avait tous les droits, dont celui de frapper son épouse. Or, à y regarder de plus près, – et en tenant compte de nos remarques préalables – on s'aperçoit qu'il n'en est rien. Tous les commentateurs, et cela dès la première heure, ont relevé le fait qu'il y avait dans ce verset un ordre précis qui, par sa nature même, avait une fonction pédagogique pour des hommes enclins à en venir immédiatement aux mains (ce verset fut révélé après qu'une femme se soit plainte auprès du Prophète (sur lui la paix) d'avoir été giflée par son mari – At-Tabarî).

En effet, il s'agit, d'abord, d'exhorter ("fa'izûn hunna") son épouse (et non pas de l' "admonester" comme l'écrivent les traductions de Masson et de Chouraqui) en lui rappelant les versets du Coran, disent les commentateurs (Ibn Kathîr, Al-Qurtubî). Ce n'est que si elle persiste dans son attitude de refus qu'il convient de "l'éloigner dans le lit", ce que l'on a interprété comme le fait de manifester clairement la volonté d'éviter tout rapport affectif.

Tous les commentateurs du Coran, du plus ancien (At-Tabarî) au plus récent, ont précisé qu'il s'agissait de passer par les étapes prescrites. Si rien de tout cela n'y fait, alors, et alors seulement, il serait permis de "frapper" : il s'agit, comme le dit Ibn Abbâs dans une interprétation qui date de l'époque du Prophète (sur lui la paix) d'un coup symboliquement manifesté à l'aide de la branchette du siwâk.

Le propos devient dès lors plus clair. A l'adresse des Arabes, il est précisé que toutes les voies doivent être utilisées avant d'en arriver à exprimer sa mauvaise humeur. Il est la dernière instance et en cela, dans son non-violence, il est la seule violence permise. Le message adressé aux hommes est on ne peut plus clair : la voie du dialogue et de la concertation avec son épouse est celle qui correspond à l'esprit qui se dégage de la Révélation.

Par ailleurs, l'enseignement ne s'arrêtait pas à ce verset et à son interprétation : l'exemple du Prophète, plus que tout, était à même d'exprimer le comportement idéal." (Islam, le face à face des civilisations, Tariq Ramadan, annexe IV)

Je voudrais, pour ma part, juste ajouter deux lignes pour rappeler qu'en effet, le Prophète a dit : "Ne frappez pas les servantes de Dieu [les femmes]." (rapporté par Aboû Dâoûd, authentifié par An-Nawawî).

Des femmes musulmanes étaient venues se plaindre auprès des épouses du Prophète que leurs maris les frappaient et le Prophète dut faire une intervention dans la mosquée en ce sens (rapporté par Aboû Dâoûd, authentifié par An-Nawawî). D'autres Hadîths authentiques du Prophète existent encore sur le sujet ("an-nah'y 'an-idh-dharb il-mubarrih", etc.).

D'ailleurs, Aïcha, épouse du Prophète, raconte de lui : "Jamais il n'a frappé quelqu'un, ni une épouse, ni un serviteur. La seule occasion [où il utilisait la force de son bras contre quelqu'un] était lorsqu'il combattait pour la cause de Dieu [contre des soldats ennemis]." (rapporté par Muslim).

Le Prophète a dit aussi : "Le plus parfait des croyants est celui qui a le meilleur caractère. Et les meilleurs d'entre vous sont ceux qui sont les meilleurs avec leur femme" (rapporté par At-Tirmidhî, authentifié par An-Nawawî).

De plus, des juristes musulmans sont d'avis que la femme battue ou maltraitée a le droit au divorce et qu'il lui suffit de porter plainte auprès du juge musulman (qâdî). C'est l'avis notamment de Chaykh Khâlid Saïfullâh, juriste musulman très connu en Inde (cf. Islâm aur jadîd mu'âsharatî massâ'ïl, Khâlid Saïfullâh, pp. 159-166).

20 réponses

Évaluation
  • il y a 1 décennie
    Meilleure réponse

    Je suis d'accord avec ceux qui disent qu'un homme ne doit pas frapper sa femme quelque soient les circonstances mais ce que Blabla veut demontrer c'est que l'islam ne donne pas le droit aux hommes de frapper leurs femmes et que ceux qui le font n'ont aucune jsutification religieuse.

  • il y a 1 décennie

    salam

    Il y a une phrase que j'aime beaucoup c'est il n'y pas de contrainte en religion.

    Et les textes demande de la réflexion, et comme nous le dit Allah razza wa jal de la méditation, d'un côté il y a un verset que chacun en fonction de ses tendances commente comme il veut, c'est à dire non, un peu, pas fort , pas lui faire mal

    et de l'autre il y a " le plus fort est celui qui maitrise sa colère alors qu'il peut l'exercer". Et tout le comportement, de l'amour des créatures et de la création, de la miséricorde, de la non rancune, du retrait si on voit que l'autre on ne peut le vaincre, de ne pas crier ni effrayer... un tout qui fait qu'on est non violent au final.

    Comme tu le dis le parfait croyant est celui qui est meilleur en caractère. Un croyant ne peut faire de mal et s'il le fait il s'en veut.

    Donc au final on peut frappez qqun mais si on est pieux on ne le fera pas.

    c'est une réflexion personnelle après avoir lu de nombreuses fatwas sur le sujet.

    wa salam cher frère

  • il y a 1 décennie

    wouahhhhhhh j'ai tout lu, mais au fait c'était quoi ta question, non pour moi le coran ne dit pas qu'il faut frapper sa femme, ça c'est seulement ceux qui ne savent pas le traduire

  • il y a 1 décennie

    L’homme est un berger dans sa maison et sera interrogé sur sa responsabilité.

    La femme est une bergère dans la maison de son mari et sera interrogé sur sa responsabilité.

    Le prophéte Mohamed a dit: "Chacun de vous est berger et responsable de son troupeau. » (Al-Bukhari et Muslim).

    L’islam n’a pas peur de dire que l’homme est responsable de ce qui se passe dans son foyer, qu’il joue un rôle d’éducateur et qu’il sera interrogé sur sa responsabilité. Celui qui étudie attentivement la parole de Dieu et les hadiths du prophète voit que l’islam n’encourage pas à battre les femmes, au contraire la base est l’interdiction tant qu’il n’y a pas de désobéissance de la femme, pas pour un motif futile.

    Mais le shaikh a bien précisé qu’il ne faut pas que cela arrive, il faut patienter, appeler de la meilleure façon, mais si cela arrive, l’islam fixe une limite aux différends qui peuvent surgir entre les époux en préservant les droits de chacun.

    Et surtout il ne faut pas oublier que l’islam a donné des droits à la femme alors qu’elle valait moins que du bétail, alors que dans le même temps dans le reste du monde on s’interrogeait pour savoir si les femmes avaient une âme.

    Dieu a honoré la femme et lui a donné des droits et des devoirs, le prophète n’a jamais cessé de recommander le bon comportement avec les femmes et dans des moments importants, comme le pèlerinage d’adieu ou dans les derniers instants de sa vie.

    Et quant à ceux qui battent leurs épouses pour un oui ou pour un non, leur porte des coups violents, ils sont loin de la vérité et l’islam est loin d’eux, ils rendront compte de leur injustice et « L’injustice sont des ténèbres au jour de la résurrection. »

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  • il y a 1 décennie

    je veux bien mais il serait plus sage de ne jamais la frapper quelque en soit la circonstance cela s'appelle juste les droits de l'homme.

    moi je trouve grave qu'il faille quand même consulter un livre religieux pour savoir si on peut la frapper ou non,car la non -violence n'est pas question de religion mais de devoir.

  • Anonyme
    il y a 1 décennie

    puisque les musulmans doivent avoir comme exemple le prophète pour son bon sens et sa sagesse inégale.l'homme ne doit pas battre sa femme.

  • Ness H
    Lv 4
    il y a 1 décennie

    Salam Blabla

    Le Coran [4:34]

    Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs que Dieu accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu'ils font de leurs bien. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l'absence de leurs époux, avec la protection de Dieu. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d'elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Dieu est certes, Haut et Grand !

    Cette traduction (comme tant d'autres) en elle même est une interprétation.

    A noter que l’islam (religion de PAIX) est une religion qui a pour but de nous simplifier la vie et de nous faire vivre dans la dignité et le respect de l’autre ; le but est donc une ligne de conduite qui nous ramène dans ce sens. On doit traiter autrui comme l’on aimerait être traité. Donc dans mes recherches, je retiens les interprétations qui vont dans ce sens.

    Je voudrais aussi préciser autre chose : j’ai eu l’occasion de jeter un coup d’oeil sur certaines traductions, et j’ai constaté que elles n’étaient pas forcément fidèles. C’est pour cela que je préfère lire le coran en Arabe ; et je le trouve beaucoup plus beau d’ailleurs dans cette langue. Dans ce cas, il est tout à fait légitime de me demander : et ceux qui ne connaissent pas la langue arabe ? Eh bien dans ce cas, je conseillerais que, quand quelque chose leur parait non convaincante ou compliquant la vie… d’essayer de lire le verset ou sourate dans une autre traduction, ou de poser tout simplement la question autour de soi aux personnes qui paraîtraient pouvoir répondre.

    Les interprétations du Noble Coran sont diverses, mais chacun doit faire un effort individuel pour le lire et l’interpréter. C’est pour cela qu’il est intéressant de le lire soi même et de lire maintes autres interprétations, car PERSONNE n’a le privilège de détenir la vérité absolue ou n’a le droit de prétendre être l’unique à le comprendre ou le répandre mieux que quiconque.

    Ce verset qui est le plus souvent traduit ou interprété comme le mandat de battre sa femme si elle désobéit :

    Le verbe est "adhriboonaha" avec un oo long dans la version arabe du Noble Coran. Si on regarde dans le dictionnaire, il y a 9 définitions dont la séparation comme dans "idhraab" d'ailleurs, la grève (littéralement: séparation du travail, de la nourriture, etc.) donc ce n'est pas frapper, c’est se séparer et le verset est très clair, ça n'a rien à avoir avec l'obéissance, ça a avoir avec un comportement déviant ("shaadh" si ma mémoire est bonne) ce qui peut être jugé comme déviant dépend beaucoup de la société et de l'époque. Évidemment aujourd'hui, ça pourrait être la drogue par exemple.

    La question de l'obéissance ne se pose que dans le cadre du droit de regard du mari sur ses propres dépenses. C’est à dire si le mari donne de l’argent, il a un droit de regard sur cet argent.

    Enfin, il est parfaitement défendable, encore une fois, d'argumenter que même si les genres (féminins/masculins) peuvent effectivement favoriser une interprétation biaisée, il est erroné d'interpréter sans tenir compte de l'esprit de la loi et de ses objectifs (arroo7 wal maqsid), et que dans le contexte de l'égalité homme femme que plusieurs versets déclarent très explicitement, ces droits et obligations s'appliquent de façon tout à fait symétrique, indépendamment du sexe, pour répondre à l'esprit de la loi.

    Voilà. Je suis musulmane, je ne suis pas théologue, ni grande experte, mais j'essaye de comprendre comme tout le monde.

    Amicalement

    Source(s) : Effort personnel
  • il y a 1 décennie

    tu exprimes et tu expliques si bien que l'on ne peut être que convaincu! félicitations !

    les femmes battus il y'en a malheureusement partout, dans toutes les couches sociales!

  • Gazius
    Lv 7
    il y a 1 décennie

    Exacte mon ami,

    mais les directives du coran sont toujours applicables, que ce soit depuis 1400 ou bien aujourd'hui

    mais frapper sa femme, le coran a bien cité celà dans des conditions extremes

    mais si on voudra pratiquer comme notre prophète Mohamed "saaws" qui n'a jamais frappé une de ces femmes, alors on ne doit jamais le faire

  • il y a 1 décennie

    bien dit , bien expliqué et ce n'est pas du tout du bla bla. Je voudrais simplement ajouté un témoignage; je suis musulmane et je ne me suis jamais sentie inférieure, je pratique ma religion en toute liberté , je vis en paix et je n'ai jamais été frappée. d'ailleurs il y a autant de femme autour de moi qui sont bien considérée. Un bon musulman doit donc suivre les pas du prophète . Je remercie tous ceux qui , par leur participation , montrent la vrai image de l'islam et le révalorisent.

    Soyez nombreux pour détruire la mauvaise image que certains ont sur l'islam et les musulmans.

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