Anonyme
Anonyme a posé la question dans Arts et sciences humainesLivres et auteurs · il y a 1 décennie

Que signie l'expression "la madeleine de Proust" ?

7 réponses

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  • il y a 1 décennie
    Meilleure réponse

    Alors que Proust mange une madeleine, son goût fait soudain resurgir celui des madeleines de son enfance et par extension, toute son enfance. La madeleine de Proust, c'est le détail qui rattache au passé, qui réveille les souvenirs. C'est le fil rouge d'une vie, la conscience d'un passé qui a façonné l'Homme que l'on est devenu.

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  • il y a 1 décennie

    ça vient de la Recherche du temps perdu. Proust, en mangeant une madeleine avec du thé, se souvient tout à coup de son enfance. du coup cette expression désigne un objet ou une chose qui est liée avec des souvenirs, qui produit une réminiscence

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  • il y a 1 décennie

    Et chaque fois la lâcheté qui nous détourne de toute tâche difficile, de toute oeuvre importante, m'a conseillé de laisser cela, de boire mon thé en pensant simplement à mes ennuis d'aujourd'hui, à mes désirs de demain qui se laissent remâcher sans peine. Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût, c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l'heure de la messe), quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappelé avant que je n'y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d'autres plus récents ; peut-être parce que, de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s'était désagrégé ; les formes - et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel sous son plissage sévère et dévot - s'étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d'expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience. Mais, quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir.

    Marcel Proust, À la recherche du temps perdu. Du côté de chez Swann, 1913.

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  • il y a 1 décennie

    Cela désigne le fait de pouvoir se remémorer un souvenir, une situation, à l’aide d’un simple parfum, d’un goût, d’une odeur, d’une sensation… A la recherche du temps perdu de Proust.

    C’est un truc de nostalgiques :-)

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  • il y a 1 décennie

    c'est du à l'imago (jung): des odeurs, une gestuelle, un trait physique forment un ensemble dans notre inconscient mais qui nous permet d'apprécier ou haïr, de se remémorer un lieu par une odeur déjà intégrée. c'est le cas de la madeeine qui lui rappelle des souvenirs qui eux eux-mêmes en apportent d'autres etc etc...

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  • il y a 1 décennie

    La madeleine trempée dans le thé de Proust.Le temps est l'un de principaux thèmes ds l'oeuvre de Proust. L'anecdote de la madeleine, située au début de la première partie Du coté de chez Swann constitue la première réflexion sur le temps et ouvre la série des réminiscences. En effet, c'est grâce a cette madeleine que tout le passé de l'enfance de l'auteur va resurgir.

    I/- La quête de la remémoration

    Dans le premier paragraphe, le narrateur montre la difficulté de faire rejaillir le souvenir et sa tentation d'abandonner une démarche présentée à la foi comme un travail d'introspection et comme une expérience scientifique.

    A- La difficulté

    Elle est mise en valeur par les interrogations, l'expression du doute « je ne sais » ; « peu être ». Elle se traduit par la longueur des phrases qui miment la difficulté d'extraire un souvenir des profondeurs intérieur (accumulation de 3 infinitif ds la première phrase ; sujet suivi d'une apposition développée par une relative ; bcp de virgules qui obligent des pauses et renvoient aux arrêts du souvenir ds sa remontée).

    1- La profondeur : « de si loin » s'oppose à « jusqu'à la surface » ou « tout au fond de moi ». L'idée de profondeur étant complétée par celle de l'obscurité qui renvoie à l'image du gouffre avec « nuit » qui s'oppose à « claire conscience ».

    2- Personnification du souvenir : « il » ; « vers lui » montrent que le narrateur n'est pas maître de son évolution « arrêté » ; « redescendu ».Le travail de remémoration est présenté comme un travail scientifique, le narrateur émet des doutes, des hypothèses et tel un scientifique il multiplie plusieurs fois l'expérience. Les termes d'attractions « remonté » font pensés à un système de poulie difficile à actionner.

    B- face à cette difficulté le narrateur est tenté d'abandonner

    Par rapport au passé difficile à reconstituer, le présent et le futur désigné par la périphrase « mes souvenirs de demain » ne nécessite pas d'effort « simplement » ; »sans peine ». Les termes « remâcher » ; « sans peine » ont en même tps un sens péjoratif. Ces termes s'opposent à « oeuvre importante » montrant que cette attitude n'est pas satisfaisante pour le narrateur. Mais c'est paradoxalement le fait de relâcher sa volonté de rechercher qui permet la réminiscence.

    II/- le pouvoir de la mémoire involontaire.

    A- Révélation et identification

    On a toutes les caractéristiques de la réminiscence avec l'immédiateté « tout d'un coup » et la brièveté de la phrase ; la passivité avec le « me » en position d'objet, le coté magique de l'apparition. La phrase suivante identifie avec une extrême précision le souvenir : accumulation des complément de lieu et de tps.

    B- Après la révélation la réflexion

    Si le souvenir apparaît magiquement, l'intelligence prend le relais pour comprendre son apparition.

    1- La faiblesse de la vue : il y a 2 hypothèses. Soit c'est la superposition des images passées qui entraîne la disparition des images passées au profit des plus récentes. Soit le souvenir est tellement lointain qu'il est oublié. Association à la disparition et à la mort avec « désagrége » et « aboli » ou au sommeil avec « ensommeillé ». Pourtant, la madeleine n'est pas un gâteau de forme anodine ; le narrateur nous donne même une image très pittoresque (personnification, féminisation, antithèse entre sensualité et le coté dévot, entre la grâce de ses formes et la composition riche et grasse de l'aliment.) On peut rapprocher la madeleine de l'Ostie mais cette foi, c'est le souvenir qui ressuscite, pas le christ. Allitération subjective en [s]

    2- La supériorité du goût et de l'odeur : paradoxalement, les sens les plus immatériels st les plus fidèles ds la mesure ou justement il ne peuvent pas être détruits. C'est exprimé par la comparaison avec des âmes ; par l'expression « gouttelettes presque implacables » avec le suffixe [ette] qui réduit au max la sensation. Mais aussi par les adj « frêles » « immatériels ». La pérennité de du goût et de l'odeur est soulignée par la multiplicité des compléments de lieu et de tps, le champ lexical de la mort qui s'oppose à l' « édifice immense » du souvenir (métaphore architecturale). Si ce qui permet son déclenchement est immatériel, le souvenir, lui, est très concret et cette expression est mise en valeur par sa place dans le texte (derniers mots) e dans la phrase (structure de mise en attente). Le passage de la madeleine est un moment essentiel de la recherche repris à la toute fin du livre ou l'auteur explique que la réminiscence lui a permis de devenir un être extratemporel. On peut rapprocher ce passage de celui de la grive ds un extrait du texte de Chateaubriand « Mémoires d'Outre-tombe ».

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  • il y a 1 décennie

    c'est une madelaine de la marque "prout"

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