• Le Temps qui passe n'apaise pas la douleur de l'absence, alors quoi faire pour qu'il suspende son vol ...?

    :~:~:~:~:~ Le lac Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages, Dans la nuit éternelle emportés sans retour, Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges Jeter l'ancre un seul jour ? Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière, Et près des flots chéris qu'elle devait revoir, Regarde ! je viens... afficher plus
    :~:~:~:~:~ Le lac Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages, Dans la nuit éternelle emportés sans retour, Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges Jeter l'ancre un seul jour ? Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière, Et près des flots chéris qu'elle devait revoir, Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre Où tu la vis s'asseoir ! Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes, Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés, Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes Sur ses pieds adorés. Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ; On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux, Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence Tes flots harmonieux. Tout à coup des accents inconnus à la terre Du rivage charmé frappèrent les échos ; Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère Laissa tomber ces mots : " Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices ! Suspendez votre cours : Laissez-nous savourer les rapides délices Des plus beaux de nos jours ! " Assez de malheureux ici-bas vous implorent, Coulez, coulez pour eux ; Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ; Oubliez les heureux. " Mais je demande en vain quelques moments encore, Le temps m'échappe et fuit ; Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l aurore Va dissiper la nuit. " Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive, Hâtons-nous, jouissons ! L'homme n'a point de port, le temps n a point de rive ; Il coule, et nous passons ! "
    7 réponses · il y a 1 semaine
  • Le bonheur est un choix selon vous?

    Meilleure réponse : oui, totalement. À ne pas confondre avec la chance et la fortune, qui sont indépendants de notre volonté. Mais on peut avoir tout perdu et avoir touché le fond, on peut malgré tout rire de joie et être heureux.
    Meilleure réponse : oui, totalement. À ne pas confondre avec la chance et la fortune, qui sont indépendants de notre volonté. Mais on peut avoir tout perdu et avoir touché le fond, on peut malgré tout rire de joie et être heureux.
    7 réponses · il y a 1 semaine
  • Etes-vous une personne joviale qui prend la vie comme elle vient ?

    Meilleure réponse : Disons que je fais de mon mieux pour pas qu'elle soit triste .Tout en restant positive.
    Meilleure réponse : Disons que je fais de mon mieux pour pas qu'elle soit triste .Tout en restant positive.
    8 réponses · il y a 4 semaines
  • Que pensez-vous de ce poème SVP?

    Meilleure réponse : "aux arpions", "aux pognes".. le vocabulaire est très daté
    bizarrement, si le propos était moins classique (la plume, les fers), on penserait un peu à Jean Genet .. c'est assez beau, à vrai dire
    Meilleure réponse : "aux arpions", "aux pognes".. le vocabulaire est très daté
    bizarrement, si le propos était moins classique (la plume, les fers), on penserait un peu à Jean Genet .. c'est assez beau, à vrai dire
    6 réponses · il y a 1 mois
  • Pourriez-vous me conseiller un ou deux poèmes parmi vos préférés sur le thème de la beauté?

    Meilleure réponse : De Charles Baudelaire ! Une charogne Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme, Ce beau matin d'été si doux : Au détour d'un sentier une charogne infâme Sur un lit semé de cailloux, Les jambes en l'air, comme une femme lubrique, Brûlante et suant les poisons, Ouvrait d'une façon nonchalante... afficher plus
    Meilleure réponse : De Charles Baudelaire !
    Une charogne
    Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
    Ce beau matin d'été si doux :
    Au détour d'un sentier une charogne infâme
    Sur un lit semé de cailloux,

    Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,
    Brûlante et suant les poisons,
    Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
    Son ventre plein d'exhalaisons.

    Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
    Comme afin de la cuire à point,
    Et de rendre au centuple à la grande Nature
    Tout ce qu'ensemble elle avait joint ;

    Et le ciel regardait la carcasse superbe
    Comme une fleur s'épanouir.
    La puanteur était si forte, que sur l'herbe
    Vous crûtes vous évanouir.

    Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
    D'où sortaient de noirs bataillons
    De larves, qui coulaient comme un épais liquide
    Le long de ces vivants haillons.

    Tout cela descendait, montait comme une vague,
    Ou s'élançait en pétillant ;
    On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
    Vivait en se multipliant.

    Et ce monde rendait une étrange musique,
    Comme l'eau courante et le vent,
    Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
    Agite et tourne dans son van.

    Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
    Une ébauche lente à venir,
    Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
    Seulement par le souvenir.

    Derrière les rochers une chienne inquiète
    Nous regardait d'un oeil fâché,
    Epiant le moment de reprendre au squelette
    Le morceau qu'elle avait lâché.

    - Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
    A cette horrible infection,
    Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
    Vous, mon ange et ma passion !

    Oui ! telle vous serez, ô la reine des grâces,
    Après les derniers sacrements,
    Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,
    Moisir parmi les ossements.

    Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
    Qui vous mangera de baisers,
    Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
    De mes amours décomposés !
    4 réponses · il y a 1 mois
  • Quel est votre groupe de musique qui restera un mystère?

    Meilleure réponse : Bonsoir,
    Le thème de cette chanson est surprenant..

    https://www.youtube.com/watch?v=ny_ijEtE...
    Meilleure réponse : Bonsoir,
    Le thème de cette chanson est surprenant..

    https://www.youtube.com/watch?v=ny_ijEtE...
    7 réponses · il y a 2 mois
  • « Ne vous laissez pas faire ! Par personne. T'as compris ? Ne vous laissez pas faire ! Bordel de dieu ! » résistance ?

    Meilleure réponse : J'aime bcp Léo Ferré et bcp de ses chansons mais lui aussi disait pas mal de conneries quand il se mettait en mode anar.
    Meilleure réponse : J'aime bcp Léo Ferré et bcp de ses chansons mais lui aussi disait pas mal de conneries quand il se mettait en mode anar.
    6 réponses · il y a 2 mois
  • Egoïsme-Individualisme ou Indifférence?

    Meilleure réponse : il faut prendre la vie sociale comme un envers, et faire de sa vie intérieure un endroit
    excellent poéme
    Meilleure réponse : il faut prendre la vie sociale comme un envers, et faire de sa vie intérieure un endroit
    excellent poéme
    4 réponses · il y a 2 mois
  • Mourir d'aimer Comme on le peut de n'importe quoi Abandonner tout derrière soi Pour n'emporter que ce qui fut nous, qui fut toi?

    Meilleure réponse : Joli texte de Charles Aznavour. Tu as bon goût.
    https://www.youtube.com/watch?v=IfsWD66s8A8
    Meilleure réponse : Joli texte de Charles Aznavour. Tu as bon goût.
    https://www.youtube.com/watch?v=IfsWD66s8A8
    4 réponses · il y a 2 mois
  • Enfin l'automne est arrivé, quel bonheur après la canicule ...?

    Meilleure réponse : le poéme est bon mais

    [....Avec des marrons nous faisions des pipes,
    Nous mangions les glands en pâte d’amande, mais est ce vraiment la réalité...]

    avec la descente de sève automnale
    Meilleure réponse : le poéme est bon mais

    [....Avec des marrons nous faisions des pipes,
    Nous mangions les glands en pâte d’amande, mais est ce vraiment la réalité...]

    avec la descente de sève automnale
    6 réponses · il y a 3 mois
  • La Vie ça se partage ?

    La nuit n’est jamais complète. Il y a toujours puisque je le dis, Puisque je l’affirme, Au bout du chagrin, Une fenêtre ouverte, Une fenêtre éclairée. Il y a toujours un rêve qui veille, Désir à combler, Faim à satisfaire, Un cœur généreux, Une main tendue, Une main ouverte, Des yeux attentifs, Une vie : la vie à... afficher plus
    La nuit n’est jamais complète. Il y a toujours puisque je le dis, Puisque je l’affirme, Au bout du chagrin, Une fenêtre ouverte, Une fenêtre éclairée. Il y a toujours un rêve qui veille, Désir à combler, Faim à satisfaire, Un cœur généreux, Une main tendue, Une main ouverte, Des yeux attentifs, Une vie : la vie à se partager. Paul ELUARD
    7 réponses · il y a 3 mois
  • TEST n°4 : POESIE récompense MR sera attribuée au Qriste capable de créer un Alexandrin avec césure à l'hémistiche..?

    Meilleure réponse : Je ne t'en écris pas un, mais deux, car il m'était difficile de les séparer et en plus ils riment aussi à l'hémistiche : "Lascive, à demi-nue, sur ton lit étendue Tes grands yeux ingénus se remplissent de nues..." -------------- Suit une douzaine d'autres vers. Ce poème fait partie de mon... afficher plus
    Meilleure réponse : Je ne t'en écris pas un, mais deux, car il m'était difficile de les séparer et en plus ils riment aussi à l'hémistiche :

    "Lascive, à demi-nue, sur ton lit étendue
    Tes grands yeux ingénus se remplissent de nues..."
    --------------
    Suit une douzaine d'autres vers. Ce poème fait partie de mon recueil de poésies publié en 1999.
    7 réponses · il y a 3 mois
  • Le chant est-il le secret de l’existence?

    Meilleure réponse : Oui..

    " Dans les cadences de la musique est caché un secret; si je le révélais, il bouleverserait le monde." Rumi
    Meilleure réponse : Oui..

    " Dans les cadences de la musique est caché un secret; si je le révélais, il bouleverserait le monde." Rumi
    7 réponses · il y a 3 mois
  • Est ce que tu te rapproches de la nature ,des arbres de la terre ,de la mer ,pour être plus heureux au lieu de rester toujours au bureau?

    Meilleure réponse : 12jours en Oranie ,j'ai embrassé les arbres de mon beau pays , j'ai nagé jusqu’à à en avoir les bras presque coupés , j'ai marché sur le sable ,j'ai ramassé des pierres , des algues , je me suis promenée et allongé en foret, j'ai dansé , j'ai eu des fous rires , j'ai visité Santa... afficher plus
    Meilleure réponse : 12jours en Oranie ,j'ai embrassé les arbres de mon beau pays , j'ai nagé jusqu’à à en avoir les bras presque coupés , j'ai marché sur le sable ,j'ai ramassé des pierres , des algues , je me suis promenée et allongé en foret, j'ai dansé , j'ai eu des fous rires , j'ai visité Santa Crus,Sbiaat , Sarsel ,Madagh ,Mostaganem , j'ai découvert des endroits vierges à couper le souffle!Et tout ces beaux moments ,partagés avec ma petite famille et des amies formidables ...
    6 réponses · il y a 4 mois
  • Bestialité?

    Meilleure réponse : bonjour Frantz waouh...!!!?? on sort de la lecture de ton poème tout tremblant et quelque peu désorienté... faut-il pleurer pour le jeune homme tout en s'offusquant pour la petite chienne ? je dois t'avouer qu'en commençant à te lire... le petit garçon de neuf ans m'a fait de la peine paraissant... afficher plus
    Meilleure réponse : bonjour Frantz

    waouh...!!!??

    on sort de la lecture de ton poème tout tremblant et quelque peu désorienté... faut-il pleurer pour le jeune homme tout en s'offusquant pour la petite chienne ?

    je dois t'avouer qu'en commençant à te lire... le petit garçon de neuf ans m'a fait de la peine paraissant si pas éthique qu'il en était pathétique

    tu as su encore avec tes mots chambouler les tabous... anarchiste des maux

    Hélas... c'est malheureux mais cela arrive... c'est condamnable - mais que doit on condamner? faut-il chercher des excuses à cette cruauté sans nom ? un pédopsychiatre aurait-il décelé chez cet enfant cette perversité ?

    les animaux sont innocents et non consentants et en violer c'est la pire de toutes les bassesses humaines

    j'ai pleurer en finissant de lire ce poème qui somme toute est bien écrit et en ferait rebondir plus d'une association pour la protection animal... mais qu'en est-il de l'enfant au prénom chevaleresque ?

    c'est cela bien écrire... c'est susciter des controverses et alimenter un débat qui se trouve être au cœur d'une actualité... c'est aussi provoquer des émotions...

    merci d'avoir partagé ce poème empreint d'une telle bestialité certes, et d'une infime souffrance sans tomber dans le dolorisme pour l'enfant mais dans une grande indignation pour l'animal innocent

    Passe une bonne semaine
    4 réponses · il y a 5 mois
  • Prière à Marie Poème de Francis Jammes?

    Meilleure réponse : bonjour Frantz j'ai toujours aimé le mysticisme de Jammes - et avec ses vers libres empreints d'une telle émotion merci à toi de nous l'avoir remis au souvenir ainsi que l'adaptation musicale interprétée par le grand Brassens Ne me console pas… Ne me console pas. Cela est inutile. Si mes rêves... afficher plus
    Meilleure réponse : bonjour Frantz

    j'ai toujours aimé le mysticisme de Jammes - et avec ses vers libres empreints d'une telle émotion merci à toi de nous l'avoir remis au souvenir ainsi que l'adaptation musicale interprétée par le grand Brassens

    Ne me console pas…

    Ne me console pas. Cela est inutile.
    Si mes rêves qui étaient ma seule fortune
    quittent mon seuil obscur où s’accroupit la brume
    je saurai me résoudre et saurai ne rien dire.

    Un jour, tout simplement... ne me console pas !
    devant ma porte ensoleillée je m’étendrai.
    On dira aux enfants qu’il faut parler plus bas.
    Et, délaissé de ma tristesse, je mourrai.

    Francis JAMMES (1868-1938 à 69 ans) - Clairières dans le ciel

    passe une excellente fin de semaine
    6 réponses · il y a 5 mois
  • Chevelures de nuit?

    Meilleure réponse : bonjour Frantz quel bel hommage à cet attribut de beauté qui révèle tant de sensualité chez une femme - merci de nous l'offrir en partage tu n'es pas sans savoir que la chevelure d'une femme est pleine de phéromones tout comme chez les animaux et c'est pourquoi certaines espèces humaines... afficher plus
    Meilleure réponse : bonjour Frantz

    quel bel hommage à cet attribut de beauté qui révèle tant de sensualité chez une femme -
    merci de nous l'offrir en partage

    tu n'es pas sans savoir que la chevelure d'une femme est pleine de phéromones tout comme chez les animaux et c'est pourquoi certaines espèces humaines l'ont comprises et s'ils cloîtrent leurs femmes filles sœurs ou mères et leur imposent de cacher c'est parce qu'ils refusent que d'autres hommes qu'eux ne puissent voir ou "sentir" à la manière des animaux - d'où l'escamotage de la chevelure féminine chez ces espèces là les obligeant à porter le voile

    ton beau poème me fait rappeler celui qu'avait écrit l'un de mes dandys préférés

    La chevelure

    Ô toison, moutonnant jusque sur l'encolure !
    Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir !
    Extase ! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure
    Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
    Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir !

    La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,
    Tout un monde lointain, absent, presque défunt,
    Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique !
    Comme d'autres esprits voguent sur la musique,
    Le mien, ô mon amour ! nage sur ton parfum.

    J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève,
    Se pâment longuement sous l'ardeur des climats ;
    Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève !
    Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve
    De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts :

    Un port retentissant où mon âme peut boire
    A grands flots le parfum, le son et la couleur ;
    Où les vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire,
    Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
    D'un ciel pur où frémit l'éternelle chaleur.

    Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse
    Dans ce noir océan où l'autre est enfermé ;
    Et mon esprit subtil que le roulis caresse
    Saura vous retrouver, ô féconde paresse,
    Infinis bercements du loisir embaumé !

    Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues,
    Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond ;
    Sur les bords duvetés de vos mèches tordues
    Je m'enivre ardemment des senteurs confondues
    De l'huile de coco, du musc et du goudron.

    Longtemps ! toujours ! ma main dans ta crinière lourde
    Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
    Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde !
    N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde
    Où je hume à longs traits le vin du souvenir ?

    Charles Baudelaire (1821 - 1867 à 46 ans) - Les Fleurs du mal

    bon week end
    5 réponses · il y a 5 mois
  • Poème pour les vieux qui sont toujours jeune ?

    Meilleure réponse : Bonjour Théodore et merci pour le joli poème que je découvre à sa lecture - il n'y a pas de mal à être légère même avec l'âge - et puis ne rien prendre aux sérieux n'est pas que l’apanage des jeunes n'en déplaise à Rimbaud qui pense que... On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans ... afficher plus
    Meilleure réponse : Bonjour Théodore

    et merci pour le joli poème que je découvre à sa lecture - il n'y a pas de mal à être légère même avec l'âge - et puis ne rien prendre aux sérieux n'est pas que l’apanage des jeunes n'en déplaise à Rimbaud qui pense que... On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans

    Roman

    On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
    Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
    Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
    On va sous les tilleuls verts de la promenade.

    Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !
    L'air est parfois si doux, qu'on ferme la paupière
    Le vent chargé de bruits - la ville n'est pas loin
    A des parfums de vigne et des parfums de bière...

    Voilà qu'on aperçoit un tout petit chiffon
    D'azur sombre, encadré d'une petite branche,
    Piqué d'une mauvaise étoile, qui se fond
    Avec de doux frissons, petite et toute blanche...

    Nuit de juin ! Dix-sept ans ! On se laisse griser.
    La sève est du champagne et vous monte à la tête...
    On divague, on se sent aux lèvres un baiser
    Qui palpite là, comme une petite bête...

    Le cœur fou robinsonne à travers les romans,
    Lorsque, dans la clarté d'un pâle réverbère,
    Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
    Sous l'ombre du faux col effrayant de son père...

    Et, comme elle vous trouve immensément naïf,
    Tout en faisant trotter ses petites bottines,
    Elle se tourne, alerte et d'un mouvement vif...
    Sur vos lèvres alors meurent les cavatines...

    Vous êtes amoureux. Loué jusqu'au mois d'août.

    Vous êtes amoureux. Vos sonnets La font rire.
    Tous vos amis s'en vont, vous êtes mauvais goût.
    Puis l'adorée, un soir, a daigné vous écrire !...

    Ce soir-là vous rentrez aux cafés éclatants,
    Vous demandez des bocks ou de la limonade...
    On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
    Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade.

    .......................................... septembre 1870)

    Arthur Rimbaud (1854 - 1891 à 37 ans)

    https://www.youtube.com/watch?v=8xiXfLXt...

    passe une bonne semaine
    9 réponses · il y a 5 mois