Mes très chers (5 dh à chaque mendiant entre le hall d'hôtel et la limousine qui m'attend 5 mètres plus loin) Rabat-joie, mes petites paires de Fez préférées,
cet après-midi, je retourne dans mon pays à bord du grand oiseau de fer que nous appelons "avion" dans le monde civilisé. J'ai encore survécu une semaine dans votre pays hostile et barbare, tel un koh-lanta sans caméra, absurdité totale de ce siècle de l'image.
Mais voilà, mon cœur balance entre deux sentiments. La joie tout d'abord. Cette joie de retourner enfin dans mon pays, celui où l'on traverse la rue d'un seul élan, où l'on ne se fait pas bassement harceler pour quelques centimes, où la vie est plus cher, même si il y a Conforama, où l'on peut s'exploser le ciboulot d'alcool au lieu de chanteurs à la voix larmoyante qu'on égorge devant un microphone. Cette joie n'est pourtant pas totale. Un sombre peine me ronge l'oesophage jusqu'au sphincter. Dans un mois, je reviens au Maroc.
Mais quand cela cessera-t'il donc ?


