Le grand ethnologue français a fait un compte rendu passionnant de son itinéraire personnel et professionnel étroitement lié aux grands évènements qui ont marqué le XXème siècle.
L’Occident possède, lorsqu’il est en accord avec ses racines, le souci de restituer le passé, d’en conserver les vestiges, quelles que soient les civilisations dont il s’agit. La diversité du passé est perçue comme une richesse. La connaissance, la compréhension de l’autre est au fondement même de la culture occidentale. Le Prophète préconise certes la « tolérance » mais explique Lévi-Strauss, cette exigence place les musulmans dans une situation de crise permanente : « en fait, le contact des non-musulmans les angoisse » (page 463) Ils se sentent en danger lorsqu’ils sont confrontés à « d’autres genres de vie, plus libres et plus souples que le leur, et qui risquent de l’altérer par la seule contiguïté » (p.464).
Ce constat explique sans doute le véritable état de panique qu’expriment ceux que l’on appelle « intégristes » lorsqu’ils évoquent l’Occident et ses « mœurs corrompues »., se couper, diaboliser et in fine, agresser par une propagande lancinante.
Lévi-Strauss qualifie l’Islam de « Grande religion qui se fonde moins sur l’évidence d’une révélation que sur l’impuissance à nouer des liens au dehors » (p.466)
Les chiffres concernant la publication et les traductions de livres étrangers, principalement occidentaux, confirment ce terrible jugement. Très peu de textes sont traduits en langue arabe. L’autarcie, le renfermement sur soi semblent être la norme d’un monde qui vit son rapport à la modernité sous l’angle de la défaite et de l’humiliation.
« Tout l’Islam semble être, en effet, une méthode pour développer dans l’esprit des croyants des conflits insurmontables, quitte à les sauver par la suite en leur proposant des solutions d’une très grande (mais trop grande) simplicité. »(p.464)
Pour illustrer cette propension, Lévi-Strauss cite l’exemple du rapport à la femme. Comme beaucoup d’autres, le musulman est tourmenté par la question de la fidélité de ses épouses ou de ses filles. Mais à la différence des maris jaloux occidentaux qui inventent moult stratagèmes pour résoudre cette lancinante question, l’Islam préconise une solution très simple pour remédier à cette angoisse : il suffit de voiler les femmes, de les cloîtrer. Puis, du voile passer à la « burkah moderne, semblable à un appareil orthopédique.. »(p.465)
Mais cette solution n’en est pas une car « la barrière du souci s’est seulement déplacée, puisque maintenant il suffira qu’on frôle votre femme pour vous déshonorer, et vous vous tourmenterez plus encore. » (p.464)
source Guysen


