Meilleure réponse - Choisie par le demandeur
Non, Segel.
Le problème c'est que sans OGM signifie "un peu d'OGM", comme propre comme du nucléaire signifie "un peu de radio activité pour tout le monde, même ceux qui vivent loin des centrales" parce que nous vivons dans le laboratoire.
La science a longtemps fait abstraction de la vieille catégorie philosophique de la totalité. Fort longtemps. Fourier le faisait remarquer il y a deux siècles (Charles, l'utopiste, pas le mathématicien des séries du même nom).
La marchandisation du monde est le "devenir-monde" du monde marchand, pour ressortir une terminologie hegelienne peu usitée. Autrement dit. Dans un monde organisé selon la circulation de marchandise, tout a vocation de devenir une marchandise comme une autre. Y compris les êtres humains, devenus "l'Homme, le capital le plus précieux", en langage d'idéologue marchand - ce langage dans lequel Staline, Nicolas Sarkozy, le parti communiste chinois, et tous les gestionnaires du monde communient.
Eh bien, quand on s'avise de rendre utile au maintien de l'Ordre marchand l'énergie nucléaire, que ce soit sous la forme de têtes destinées à atomiser d'éventuels ennemis, ou de centrales pour en faire de l'électricité, on impose de fait cet emploi et ses conséquences à toute la planète. (et pour longtemps).
De même, quand on se met à vouloir jouer avec des modifications génétiques à échelle industrielle (les puristes et les exégètes corrigeront par "agro-industriel"), quand on se met à prétendre répondre à l'inégale répartition des biens alimentaires par la prétention à produire massivement des ersatz frelatés et des chimères alimentaires, ce ne sont pas seulement les quelques crève-la-faim privés du nécessaire par les conflits d'intérêts ici ou là qui se retrouvent réduits à bouffer ce que l'agro-alimentaire veut bien mettre à leur disposition (et au prix fort), mais tous les hommes qui se trouvent réduits au stade de débouché contraint et forcé pour ces philanthropes de la croissance que sont les dynamiques industriels de l'agro-alimentaire.
Mais la pensée marchande ne se comprend pas elle-même. Et l'on a vu - et l'on voit encore - abordé le problème de la modification génétique de la vie sur terre selon les impératifs du règne de la marchandise sous l'angle passionnant de l'étiquetage, de la légalité ou non de certaines pratique, de la façon idoine de communiquer pour que les masses bouffent plus sereinement, des soit-disant peurs archaïques de ceux qui osent regimber, etc.
Mais exposer la réalité pratique du recours aux OGM en s'appuyant sur le vécu concret de ceux qui les produiront, et qui ne cultivent pas en laboratoire, de ceux qui les transformeront, et dont les usines ne sont pas compatibles avec la moindre des prétentions à cloisonner le tout OGM d'un côté, le non OGM de l'autre, il ne s'est trouvé personne parmi les relais institutionnels de l'"information" (journalistes, syndicalistes, communiquants divers et avariés) pour le faire, et ça n'a rien de surprenant, hélas.
Dans le monde marchand, "sans OGM" signifie essentiellement "un peu moins d'OGM ici qu'où on en a trouvé plus".
Comme "nucléaire non polluant" signifie "entre deux accidents majeurs, une irradiation et une contamination permanente mais si peu visible".
- Évaluation du demandeur :

- Commentaire du demandeur :
- Une analyse très fine (comme d'habitude).
J'avais déjà pensé aux similitudes entres les deux sujets.
Merci.
je reçois l'avis de tes questions comme d'autres une semaine après
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