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petite histoire de sens
Il y a des années, j'ai eu l'occasion, a plusieurs reprises, de faire des voyages en Afrique.
Ayant du temps, mais peu d'argent, il y avait un moyen -ayant pas mal d'avantages- pour aller la bas a moindres frais: trouver en France des voitures d'occasion pas chères, telles que des Peugeot (504, 505, 404, de préférence break ou bachées), les remettre en bon état global, et les emmener via l'Espagne en Afrique noire, après avoir traversé le désert du Sahara. Et les revendre dans les pays d'Afrique de l'Ouest, notamment au Niger où il y a une forte demande.
Le Sahara est un grand désert, et la route que nous prenions commençait dans le Nord de l'Algérie, après avoir traversé la ville de Sidi-bel-Abès.
Afin que nos voyages soient viables économiquement, nos partions chacun avec un véhicule, et ainsi nous parcourions, chacun seul au volant de sa voiture, les 5000 km nous amenant de notre point de départ dans le Sud-Ouest de la France . L'un de nous ouvrait la route, les autres suivaient, et nous nous retrouvions aux poses: haltes de détente, repas, ennuis mécaniques, haltes étapes pour la soirée ou quelques jours. Le reste du temps, chacun était seul dans son véhicule, à découvrir le paysage, écouter de la musique, et laisser son esprit vagabonder au gré des paysages, au fil des kilomètres, des heures et des jours de voyage.
Il y avait d'abord l'Espagne, puis le Maroc et le Nord de l'Algérie, avant d'arriver aux portes du désert. Le Sahara est en partie traversé par une route goudronnée, qu'on appelle "le goudron", par opposition aux endroits ou il n'y a plus de route, "la piste".
Lors de mon premier voyage, j 'attendais avec impatience qu'on atteigne enfin le désert. Je l'imaginais comme les images de splendides dunes que j'avais vues à la télé pour le Paris -Dakar.
Après avoir quitté les plateaux du Nord de l'Algérie, vers Sidi-bel-Abès, la végétation devient très clairsemée puis disparait complètement. la route est droite et directe vers le Sud. Le paysage? Des cailloux gris à perte de vue et le soleil le soleil qui tape. Des heures et des heures de conduite. A la première pause, je discute avec mes co voyageurs:
-"J'ai hâte de voir enfin le désert, c'est lassant ces plaines de cailloux".
_" Le désert, c'est aussi ca, on y est déjà depuis des dizaines et des dizaines de kilomètres, les dunes de sable, ce n'est qu 'une petite partie du désert. Le désert prend plein d'aspects très différents".
-" ......."
Cette première partie du désert etait entrecoupée, environ tous les 400 km, d'une ville construite sur une oasis, ainsi on traversait les villes de Laghouat, Ghardaia, InSalah, et enfin la dernière avant la piste, Tamanrasset. En prévision de la piste, qui fait près de 600 km, on emporte des provisions de survie.
La piste est dangereuse. Elle n'est pas vraiment matérialisée: c'est plutot une direction. Tous les 5 km, il y a un point de repère, un bidon de pétrole vide. Tous les 5 km car ca correspond a la courbure de la terre, ca permet, quand on est au niveau d'un bidon , d'entr'apercevoir le suivant mais ce n'est pas toujours évident. D'autre part, la piste comporte les traces , sur des centaines de mètres, du passage des véhicules précédents; ca forme la "tole ondulée". Le sable est agglutiné en "vaguelettes" d'une dizaine de centimètres d'épaisseur, quand on roule dessus les voitures tremblent , ca desserre les boulons c'est infernal. Alors les nouveaux véhicules circulent a coté de la piste, afin d'éviter les désagréments... ce qui élargit la piste....... Sans compter les traces dans tous les sens faites par les 4*4 des touaregs qui sillonnent le désert en tous sens, désert qu'ils connaissent dans tous ses recoins, ses détails invisibles pour nous occidentaux.
Au final, sur la piste, il est très possible de s'égarer et de se retrouver complètement perdu dans cette immensité de sable et de roches, sans végétation, le jour sou sun soleil de plomb, la nuit dan sun froid parfois surprenant .... beaucoup s'y sont laissés prendre. Certains ne sont jamais revenus.
a continuer"
