La vérité est qu’on n’a qu’une idée très imprécise de la dangerosité de la conduite en moto. Tout ce qu’on peut dire est que les conséquences d’un accident sont évidemment plus sévères. Dans quelle proportion ? Très difficile à dire.
“La moto c’est dangereux”, qu’ils disent: 769 motards ont été tués sur les routes de France en 2006. Soit à peu près autant que le nombre de morts dans un accident du travail.
Dans le même temps, les accidents de la route en général ont fait 4.709 morts en 2006 en France métropolitaine. Les accidents domestiques de la vie courante font bon an mal an 20.000 morts chaque année, soit plus de quatre fois plus. Et on estime que 80% de ces 20.000 victimes (surtout des enfants et des personnes âgées) pourraient être évitées.
Sur 500.000 personnes gravement brûlées chaque année, 400.000 le sont, non dans un incendie, mais par un four, un micro-ondes, des plaques électriques, une friteuse, une barbecue… Chaque année, 10.000 personnes (des plus de 65 ans à 95%) meurent simplement en tombant, en faisant une chute.
Même si proportionnellement la population concernée s’avère bien plus réduite, la moto est loin de représenter cette espèce d’engin de mort, d’arme d’autodestruction, comme si monter sur une bécane revenait à se suicider.
Ce n’est pas les 106 chevaux de la moto qui sont dangereux, mais l’âne qui la conduit !
Si vous ne conduisez pas comme un âne, la moto n’est pas plus dangereuse qu’un autre moyen de transport, voire que de rester chez soi.
Le risque, c’est vous qui le gérez, qui choisissez de l’augmenter ou de le réduire par votre comportement social et technique, votre conduite, l’adaptation de votre vitesse aux conditions de circulation, votre équipement de protection, votre degré de vigilance, votre condition physique, votre maîtrise du véhicule…
Personnellement, j’ai la chance qu’aucun de mes amis motards n’ait connu d’accident grave, fatal ou ayant laissé des séquelles importantes. Mais tous, y compris moi-même, sont tombés au moins une fois, avec à la clé selon les cas écorchures, brûlures, contusions, fractures…
Ce risque de l’accident, chacun l’accepte, l’assume, le gère comme il peut et comme il veut.
Je suis persuadé qu’on peut rouler en moto, et rouler “vite” (au-delà des limites autorisées, sans non plus être à plus de 200 en permanence), de façon responsable, en gérant le risque pour éviter l’accident.
Mais je sais aussi que le risque zéro n’existe pas, on peut juste le diminuer et en diminuer les conséquences.
Pour autant, ne croyez pas que “la moto c’est dangereux”. Ce n’est pas la moto en elle-même (la machine, le véhicule, le mode de transport) qui est dangereuse, mais:
- un certain nombre de motards conduisent dangereusement ;
- les conséquences d’un accident à moto sont plus graves qu’en voiture.
Mais est-il dangereux par essence de rouler à moto ? Non !
Et ne vous laissez pas convaincre du contraire par les clichés, les préjugés, les “bons conseils” d’untel.
Une bonne partie du processus pour “rouler intelligent” (et donc plus en sécurité) est de ne pas céder à la désinformation, d’aller chercher plus loin.
Tout le monde vous dira que “la moto c’est dangereux”, même et surtout ceux qui n’en ont jamais fait: vos collègues, votre belle-mère, votre médecin de famille, votre assureur, les journalistes des médias généralistes, les experts de la sécurité routière…
Mais allez-vous fonder votre conduite, votre passion sur les opinions de non-motards, des articles de non-spécialistes ou de froides statistiques ?
Premièrement, les “conseils amicaux” ne sont pas toujours désintéressés. Deuxièmement, être un expert dans un domaine ne signifie pas être spécialiste de la conduite de sécurité en deux-roues motorisé. Troisièmement, il n’existe pas de “motard lambda”, pas plus que de “motard moyen” ou encore moins de “vrai (ou faux) motard” !
La vraie question à se poser, c’est: comment rester sur ses roues ? Comment font les motards qui ne se plantent pas, ne se blessent pas, ne meurent pas ?
Car après tout, ces derniers restent tout de même majoritaires !

