L'IVG médicamenteuse : la RU 486
L'interruption volontaire de grossesse par mode médicamenteux se développe progressivement en France et a représenté 20 % des avortements en 1998, contre 14 % huit ans auparavant, révèle une enquête du ministère de la Solidarité.
L'IVG par méthode médicamenteuse ne peut être pratiquée que pour des grossesse de moins de 7 semaines d'aménorrhée (7 semaines à dater du début des dernières règles ou 5 semaines après la fécondation = ovulation théorique).
Elle consiste en la prescription de la pilule abortive RU 486 ou Mifégyne (mifépristone) combinée, 36 à 48 heures plus tard (après la prise de Mifégyne), à une faible dose de prostaglandine qui complète les effets du premier. Cette méthode médicamenteuse assure une expulsion complète de l'embryon dans les heures qui suivent la prise du médicament et dans plus de 95% des cas.
La femme fait "une fausse couche" dans le service hospitalier où elle est prise en charge.
Lorsque cette méthode est utilisée avant la 7ème semaine de grossesse, l'efficacité est grande sans toutefois être totale. Elle est sans effet secondaire marquant et sans intervention chirurgicale. Le risque de complications sérieuses est minime.
Ce n'est que dans un petit nombre de cas qu'elle n'est pas interrompue ou que l'oeuf n'est pas expulsé et il sera alors nécessaire d'avoir recours à une aspiration.
L'IVG médicamenteuse représente une alternative à l'aspiration utérine.
En France, où la méthode est appliquée depuis plus de 10 ans, 85% des femmes environ se décident pour cette méthode si elles ont le choix.
L'IVG chirugicale
Cette technique d'IVG par aspiration a un taux de succès très élevé, de l'ordre de 99,7 %.
Elle peut désormais être pratiquée jusqu'à quatorze semaines d'aménorrhée (douze semaines depuis l'ovulation théorique).
En 1997, l'IVG chirurgicale a été utilisée dans 81 % des interventions (75 % d'anesthésie générale)
La méthode la plus courante d'IVG est l'aspiration. Elle consite à vider l'utérus au moyen de sondes creuses (sondes de Karmann) branchées sur un appareil à aspiration.
Elle se déroule ainsi :
- anesthésie locale (injections) autour de l'orifice de l'utérus ou courte anesthésie générale (quelques minutes)
- dilatation du col avec de fines tiges de métal
- introduction d'une canule dans l'utérus pour aspirer son contenu.
L'intervention dure environ 20 à 30 minutes. Dans le premier cas (anesthésie locale) la femme ne reste que trois heures à l'hôpital. Dans le second (anesthésie générale), on la gardera par prudence et obligation légale quatre à six heures après le réveil. Un traitement complémentaire sera prescrit quelques jours après l'opération afin de permettre de chasser les caillots et d'en éviter la formation. Il s'agira d'utéro-contractants ou encore d'une pilule qui préviendra d'une synéchie. On peut aussi prescrire un traitement antibiotique anti-chlamydia en pré et/ou post IVG.
La technique du curetage n'est plus guère utilisée. Le procédé est le même que l'aspiration. Seulement, l'utérus est évacué à l'aide d'une curette, instrument en forme de cuillère.
Complications opératoires de l'IVG
Elles sont rares mais une IVG reste une intervention qui n'est jamais banale même si l'IVG a été rendue légale par le législateur.
Il s'agit dans la majorité des cas de :
- Rétention : l'aspiration effectuée est incomplète. Elle se manifeste pas des pertes de sang plus abondantes, de la température ou des pertes anormales. Dans ce cas, on doit reprendre contact avec son médecin pour voir si il y a lieu de repratiquer une aspiration complémentaire.
- Infection : elle se manifeste par des pertes anormales, des pertes de sang, de la douleur ou de la gêne.
La contragestion ou contraception d'urgence