Meilleure réponse - Choisie par les votants
Le nouveau "péril jaune"... voilà une question intéressante (et c'est rare ici...)
La Chine est une puissance montante, mais elle n'est pas une super-puissance (elle n'intervient pas en tant que principal représentant des valeurs morales "universelles" comme peuvent le faire les Etats-Unis)
Centre de gravité économique indéniable, acteur croissant des relations internationales, la Chine fait alors "peur" au reste du Monde, et en particulier aux opinions publiques occidentales.
Il faut bien comprendre un point essentiel dans la gestion politique et économique Chinoise: la pensée stratégique "asiatique" est très différente de la pensée stratégique occidentale.
En Occident, une puissance est "obligatoirement" (dans l'esprit des gens) une puissance hégémonique (qui tant à se considérer comme unique valeur et acteur de référence au centre de sa sphère d'influence), et à l'imposer même par la force).
Ce qui n'est pas le cas pour la Chine
L'Histoire la démontré, elle n'a jamais eu de politique hégémoniste réelle.
Les Etats voisins de la Chine ont longtemps été considérés comme "vassaux" de celle-ci. Or c'est une erreur, car l'Empire du Milieu avait mis en place un systême de vassalité plus proche des traités multi-latéraux que des "obligations imposées" du style de la Féodalité Européenne du Moyen-Âge.
La Corée du Nord en est un exemple. Elle reste attachée à la Chine, sans pour autant devenir son toutou fidèle, et en étant, paradoxalement extrêmement limitée dans ses mouvements, par le poids chinois (notamment économique).
La Chine l'a compris: le "soft power" (imposition de références culturelles propres et centre de gravité en son sein) prévaut sur le "hard power" (force coércitive visant l'impostion et la domination forcée).
Et sa gestion politique actuelle témoigne plus du réalisme (calculs et adaptation des actions de l'Etat en fonction de la situation. La voie diplomatique prévalant sur la force armée. L'intérêt de l'Etat prévalant également sur les théories et dogmes politiques) que du conservatisme (retour à une sorte d'ordre moral, où la force et la coercition prédomine les ensembles).
Par exemple, le Parti Communiste Chinois n'a plus de communiste que la structure et le fonctionnement interne. Les dogmes sur l'Indépendance de l'Economie Socialiste vis-à-vis du Libéralisme ont disparu... Les nouveau dirigeants chinois ont été à l'Ecole du Libéralisme Economique.
Il est évidemment très difficile de faire des pronostics sur sa gestion à venir, mais une chose est sure, la Chine devra se montrer puissante et pleine de mansuétude de peur de réitérer une sorte de "Pax Americana" (aujourd'hui en faillite partielle).
En avoir peur? Je crois que cela résulte plus d'un fantasme entretenu par les Etats Occidentaux que du réalité concrète.
La Chine serait la première puissance mondiale non-blanche, non-européenne, et très loin des centres "historiques" de gravité de toute l'Histoire. Sa politique de développement à l'égard du Sud (notamment ses investissements), lui permettrait de balancer l'Equilibre de la Communauté Internationale, en se ralliant l'appui des multiples "petits" pays du Sud (la Chine a fait partie de la Conférence de Bandoung sur le non-alignement Ouest-Est), et faire face aux "poids" européens et nord-américains.
Voilà ce qu'inconsciemment l'Occident craint...
L'Occident, centre de gravité historique de l'Histoire moderne, perdrait tout ses intérêts et son influence à l'échelle mondiale...
"Chacun son tour" comme qui dirait...